La Cour pénale internationale (CPI) a condamné deux hauts responsables de la milice chrétienne « anti-Balaka » en République centrafricaine pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, leur infligeant des peines de prison fermes.
Le commandant militaire Alfred Yekatom, surnommé « Rambo », a été condamné à 15 ans de prison, tandis que le coordinateur général de la milice, Patrice-Edouard Ngaïssona, a écopé de 12 ans.
Ces condamnations font suite à un procès de trois ans, au cours duquel près de 2 000 victimes ont témoigné.
Les preuves présentées ont révélé l’implication directe des accusés dans une campagne de violence systématique menée entre 2013 et 2014 contre les civils musulmans dans l’ouest du pays, incluant meurtres, tortures, déplacements forcés, destruction de mosquées et persécutions à caractère religieux.
La CPI a souligné que le conflit avait des racines politiques, bien que les parties en présence aient instrumentalisé le discours religieux à des fins de pouvoir, notamment après la prise de Bangui par la coalition majoritairement musulmane « Séléka ».
La lecture du verdict a été retransmise en direct dans plusieurs villes de Centrafrique, dans le but de renforcer la confiance des victimes envers la justice internationale.
Ce jugement constitue un précédent juridique important dans une région en proie à des violences récurrentes. Les condamnés seront transférés dans un autre pays pour purger leur peine, avec possibilité de faire appel.







