Le Cameroun est en proie à de profondes divisions politiques à l’approche de l’élection présidentielle d’octobre 2025, alors que le président Paul Biya, âgé de 92 ans, pourrait briguer un nouveau mandat. Des déclarations contradictoires au sein de la classe dirigeante révèlent un fossé croissant entre les partisans et les opposants à cette éventualité.
Le président du RDPC, Jacques Fame Ndongo, a affirmé que Paul Biya resterait le candidat unique du parti au pouvoir, conformément aux statuts internes. Toutefois, le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, a laissé entendre que toutes les options étaient sur la table, y compris un retrait du président.
Dans un geste inédit, deux anciens ministres, Issa Tchiroma Bakary (ex-porte-parole du gouvernement) et Bello Bouba Maigari (ministre actuel du Tourisme), ont annoncé leur candidature, marquant un tournant dans la loyauté historique envers Biya.
Tchiroma a vivement critiqué le régime, déclarant que « l’État ne peut être l’instrument d’un seul homme ».
Par ailleurs, le président fait face à une forte opposition dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, en proie à un conflit armé depuis les manifestations réprimées de 2016, qui ont fait plus de 6 000 morts. Avec plus de deux millions d’électeurs, ces zones pourraient jouer un rôle clé dans le scrutin.
Au pouvoir depuis 1982, Paul Biya est aujourd’hui le doyen des chefs d’État en exercice dans le monde. Ses opposants l’accusent d’utiliser la répression et la justice militaire pour faire taire la dissidence, notamment à travers la prison de Kondengui, où des milliers d’opposants seraient détenus dans des conditions déplorables.
Le débat public sur la santé du président est interdit, qualifié de « question de sécurité nationale ». Le climat électoral est marqué par des tensions croissantes, sur fond de menaces gouvernementales de « sanctions sévères » contre tout trouble à l’ordre public.







