La société canadienne Barrick Gold Mining, spécialisée dans l’extraction aurifère, a annoncé l’exclusion de sa mine située au Mali de ses prévisions globales de production pour l’année 2025, marquant une nouvelle escalade dans le différend qui l’oppose aux autorités militaires au pouvoir à Bamako.
Bien que la société n’ait pas dévoilé de détails concernant ses plans de production dans le pays, des analystes de Morningstar estiment que la production visée pourrait avoisiner les 250 000 onces pour l’année prochaine.
Cette décision intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Barrick Gold et le gouvernement malien, qui a imposé à la compagnie une amende de 700 millions de dollars, l’accusant d’évasion fiscale et de falsification de documents relatifs à la production et à l’exportation. Des accusations que la société rejette catégoriquement, les qualifiant d’attaques infondées.
En janvier dernier, les autorités maliennes ont également saisi environ 3 tonnes d’or appartenant à Barrick, d’une valeur estimée à 245 millions de dollars.
Ce différend en cours entraîne des pertes importantes pour les deux parties : Barrick Gold redoute de voir s’envoler des recettes supérieures à un milliard de dollars, tandis que le Mali — pays pauvre en proie à l’instabilité — risque de voir les investisseurs étrangers fuir son secteur minier, pourtant vital pour son économie.
Parallèlement, la société a porté plainte auprès du Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), une instance affiliée à la Banque mondiale, afin de bloquer les mesures gouvernementales visant à placer la mine sous gestion temporaire. Mais selon des sources proches du dossier, le tribunal a rejeté cette requête.
Dans ce même cadre, le tribunal de commerce de Bamako doit examiner ce jeudi la demande du gouvernement malien visant à placer la mine de Loulo-Gounkoto sous administration provisoire.
À noter que la production d’or au Mali a connu une baisse significative l’an dernier, chutant de 23 % pour atteindre 51 tonnes, contre 66,5 tonnes en 2022, selon les données du ministère des Mines et de l’Énergie.







