Le colonel Ismaïl Ould El Atig, haut responsable de la gendarmerie mauritanienne, a lancé un avertissement sur les risques croissants que représente l’afflux massif de réfugiés en provenance du Sahel vers la région du Hodh Ech Chargui, à l’est du pays. Selon lui, le nombre de réfugiés a atteint 300 000, contre une population locale estimée à seulement 100 000 habitants.
S’exprimant lors d’un séminaire organisé par le Centre du Sahel pour l’expertise et le conseil à Nouakchott, Ould El Atig a souligné les conséquences sécuritaires de la migration dans un contexte régional de plus en plus instable.
Il a particulièrement attiré l’attention sur le camp de réfugiés de Mbera, situé à la frontière malienne, considéré comme un foyer potentiel de menaces sécuritaires, notamment avec la possibilité d’infiltration d’éléments terroristes.
Le colonel a également évoqué les difficultés de surveillance des vastes frontières mauritaniennes avec le Mali, qui s’étendent sur plus d’un million de kilomètres carrés, en raison de moyens humains et technologiques limités.
Il a par ailleurs confirmé la présence du « Corps africain » russe, successeur du groupe Wagner, près de la frontière, soulignant les potentielles retombées positives, mais appelant à une vigilance accrue et un suivi constant.
Selon lui, la question des réfugiés n’est plus seulement une urgence humanitaire, mais un défi stratégique qui nécessite une coopération régionale et des plans nationaux intégrés.
Cette alerte intervient alors que la région est marquée par de vives tensions sécuritaires. La Russie est accusée de soutenir des groupes armés au Mali, tandis que l’Ukraine fournit une aide humanitaire aux camps de réfugiés à travers Nouakchott, faisant de la Mauritanie un théâtre indirect de rivalités internationales.







