L’organisation Human Rights Watch a exhorté l’Union européenne à mettre en place une stratégie urgente pour la région du Sahel, axée sur la protection des civils et le respect des droits humains, face à la montée des violations au Burkina Faso, au Mali et au Niger.
Dans un communiqué, l’organisation a souligné que la stratégie actuelle de l’UE, adoptée en 2021, est désormais inefficace après les coups d’État militaires ayant bouleversé l’ordre politique dans la région. Elle a également critiqué le déclin de l’influence européenne, dû à la préférence croissante des États membres pour des accords bilatéraux et à l’absence d’une position commune forte.
Le rapport met en lumière de graves abus, notamment l’assassinat d’environ 5 600 civils au Burkina Faso depuis le coup d’État de 2022 et le déplacement forcé de 2,3 millions de personnes. Au Mali, plus de 700 000 civils ont été déplacés en raison des attaques de groupes armés et des opérations militaires.
Au Niger, Human Rights Watch dénonce une répression accrue contre les médias et l’opposition, ainsi que la détention arbitraire de l’ancien président Mohamed Bazoum.
L’organisation avertit que le retrait des trois pays de la CEDEAO prive leurs citoyens de la possibilité de saisir la Cour de justice régionale.
Elle appelle l’Union européenne à soutenir des enquêtes indépendantes, à renforcer l’état de droit, et à établir des mécanismes de responsabilisation des auteurs de violations. L’ONG affirme maintenir sa surveillance de la situation et son engagement en faveur de la protection des populations civiles.







