Les trois pays membres de l’Alliance des États du Sahel – le Mali, le Niger et le Burkina Faso – ont annoncé la création d’un nouvel établissement financier régional baptisé Banque Confédérale d’Investissement et de Développement, à l’issue d’une réunion ministérielle conjointe tenue à Bamako.
Selon le communiqué officiel, le capital de départ de la banque a été fixé à 500 milliards de francs CFA, soit environ 7,62 milliards d’euros, avec un objectif de mobilisation complète des fonds d’ici fin septembre 2025, et une libération totale des parts restantes avant la fin de l’année 2028.
Les détails liés au siège de l’institution, à sa gouvernance et à ses priorités stratégiques seront finalisés lors du prochain sommet des chefs d’État de l’alliance, actuellement présidée par le Mali.
Un outil de souveraineté financière régionale
Le ministre malien de l’Économie et des Finances, Alousseni Sanou, a déclaré que cette initiative vise à renforcer la souveraineté financière des pays membres, tout en constituant un levier clé pour le financement de projets d’infrastructure, d’énergie, d’agriculture et d’éducation dans la région.
Son homologue burkinabè, Aboubakar Nacanabo, a souligné que la nouvelle banque bénéficiera d’un potentiel démographique de 78 millions d’habitants, dont une majorité de jeunes, pour impulser un essor durable du secteur financier régional.
Contexte politique et régional
L’annonce intervient alors que l’Alliance du Sahel a entamé, pour la première fois depuis leur retrait de la CEDEAO début 2024, des discussions exploratoires avec l’organisation régionale ouest-africaine, marquant ainsi un changement de ton diplomatique après des mois de tensions.
Ce projet bancaire s’inscrit dans la volonté croissante des trois pays de bâtir des institutions communes indépendantes des anciennes structures régionales, dans une logique de coopération économique alternative fondée sur la solidarité sahélienne.







