Genève – Des experts indépendants de l’ONU ont exprimé leur profonde indignation face à des rapports faisant état d’exécutions extrajudiciaires de dizaines de personnes au Mali, ainsi que de disparitions forcées qui pourraient constituer des crimes de guerre ou contre l’humanité.
Les experts ont appelé les autorités maliennes à lancer sans délai des enquêtes indépendantes, transparentes et conformes au droit international. Ils ont rappelé que l’absence d’enquête représente déjà une violation du droit à la vie.
Le 12 avril 2025, une centaine d’hommes, en majorité issus de la communauté peule, ont été arrêtés au marché de Sebabougou (région de Kayes) par les Forces armées maliennes (FAMa), accompagnées d’agents du groupe Wagner. Une soixantaine d’entre eux ont été transférés au camp militaire de Kwala, où ils auraient été torturés, puis exécutés hors du camp.
Des corps en état de décomposition ont été découverts les 21 et 22 avril aux alentours du camp. On compte au moins 65 personnes toujours portées disparues, avec une liste confirmée de 54 victimes présumées.
Bien que l’armée malienne ait reconnu avoir mené des opérations dans la zone entre le 11 et le 15 avril, les experts exigent que les corps soient identifiés et remis avec dignité aux familles, tout en soulignant la responsabilité potentielle des commandants militaires et des autorités gouvernementales.
L’impunité, ont-ils prévenu, pourrait éroder la confiance publique et alimenter l’extrémisme. Ils appellent à une réponse basée sur les droits humains et au respect du droit humanitaire international.
Enfin, ils rappellent que la Cour pénale internationale surveille la situation au Mali, et pourrait étendre ses enquêtes aux nouveaux crimes si les autorités locales manquent à leurs devoirs d’enquête.







