Genève – Dans un rapport publié cette semaine, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) tire la sonnette d’alarme : il y a 80 % de chances qu’au moins une année avant 2029 devienne la plus chaude jamais enregistrée. L’étude souligne une probabilité de 86 % que les températures mondiales dépassent temporairement 1,5°C au-dessus des niveaux préindustriels d’ici 2029, et même 1 % de chances de franchir la barre critique des 2°C.
Selon le rapport, la planète pourrait se réchauffer de 1,2°C à 1,9°C au cours des cinq prochaines années. En 2024, les températures mondiales étaient déjà supérieures de 1,34°C à 1,41°C aux niveaux de l’ère préindustrielle, tandis que la moyenne projetée pour la période 2015–2034 atteindrait 1,44°C.
La limite des 1,5°C : franchie temporairement, mais pas encore structurellement
L’OMM rappelle que l’objectif des 1,5°C fixé par l’Accord de Paris concerne une moyenne à long terme (sur 20 ans). Bien que ce seuil n’ait pas encore été franchi de manière permanente, le franchissement temporaire répété constitue un signal alarmant d’un dérèglement climatique qui s’accélère.
L’agence des Nations Unies prévient également qu’il y a 70 % de chances que la moyenne quinquennale franchisse ce seuil dans les années à venir, appelant ainsi à une action climatique immédiate et ambitieuse.
Des bouleversements régionaux majeurs attendus
Le rapport prévoit des conditions plus humides que la moyenne dans le Sahel africain, en Europe du Nord et en Asie du Sud, tandis que l’Amazonie pourrait connaître une sécheresse persistante.
L’Arctique, quant à lui, se réchauffe à un rythme trois fois plus rapide que la moyenne mondiale, avec des températures hivernales susceptibles de dépasser de 2,4°C la moyenne de 1991–2020. Ce phénomène s’accompagne d’une fonte accrue de la banquise, notamment dans les mers de Barents, de Béring et d’Okhotsk, contribuant ainsi à la montée du niveau des mers et au dérèglement des régimes climatiques mondiaux.
Un appel pressant à l’action
Alors que la planète entre dans une période critique pour l’avenir climatique, l’OMM appelle les gouvernements à respecter les engagements de l’Accord de Paris, à réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre, et à préserver la stabilité climatique mondiale pour les générations futures.







