La Présidente du Parlement de la CEDEAO, Memounatou Ibrahima, a exhorté les États membres à adopter consciemment, à nourrir et à réinventer l’agenda d’intégration de l’institution, à l’occasion du 50e anniversaire de la CEDEAO célébré ce mois de mai.
S’exprimant mardi à Abuja lors de la première session ordinaire de l’année 2025 du Parlement régional, Ibrahima a également lancé les activités marquant le 25e anniversaire du Parlement, prévu pour novembre.
Selon l’Agence de presse du Nigéria (NAN), ces célébrations s’inscrivent dans une série d’initiatives visant à promouvoir l’intégration et la coopération régionales entre les États membres de la CEDEAO.
Ibrahima a souligné la nécessité d’un engagement collectif de toutes les institutions de la CEDEAO et de ses États membres afin de bâtir un bloc économique ouest-africain plus intégré et prospère.
Elle a ainsi appelé à une action conjointe pour relever les défis communs tels que la pauvreté, le chômage et les inégalités, afin de favoriser la croissance économique et le développement.
« Ce jubilé d’argent que nous célébrons doit nous rappeler que l’intégration n’est pas une fatalité, mais un choix quotidien que nous devons assumer, cultiver et sans cesse renouveler. »
Elle a ajouté que, malgré les progrès accomplis, de nombreux défis subsistent et que la construction communautaire demeure une tâche de longue haleine, nécessitant une action quotidienne et déterminée.
Rendant hommage aux pères fondateurs de la CEDEAO, la Présidente a dressé le bilan des réalisations du Parlement, notamment dans la coopération parlementaire, la gestion des crises politiques, et la promotion de l’intégration régionale.
Parmi les activités prévues pour marquer l’anniversaire : séminaires, ateliers et événements thématiques visant à réunir les acteurs de la région pour réfléchir à une vision partagée et aux défis futurs.
« L’un des axes majeurs sera la promotion de l’intégration économique et du commerce entre les États membres. »
Ce 25e anniversaire constituera également une opportunité pour évaluer les acquis et les limites de la CEDEAO après cinq décennies d’existence.
De son côté, le Dr Omar Touray, Président de la Commission de la CEDEAO, a rappelé que le Parlement occupe une place stratégique dans le processus d’intégration, en tant que voix des citoyens de la Communauté.
Il a souligné la double signification de cette session : le retrait de trois pays sahéliens avec son impact potentiel sur l’intégration, et les célébrations du cinquantenaire de la CEDEAO.
Touray a annoncé que des discussions directes avec les trois pays concernés débuteraient cette semaine, dans le cadre de négociations sur un plan de retrait coordonné, en insistant sur la nécessité de protéger les droits des citoyens de la Communauté.
« Cette célébration doit être un moment de joie, mais aussi de réflexion et d’introspection sur les réalisations et les perspectives de la CEDEAO. »
Un Sommet sur l’avenir de l’Afrique de l’Ouest sera organisé, précédé de consultations avec divers acteurs internes et externes, pour établir un pacte régional renouvelé.
Dans un message de soutien, le Président de la Cour de Justice de la CEDEAO, le juge Ricardo Gonçalves, a plaidé pour un renforcement de la collaboration entre la Cour et le Parlement, afin de promouvoir la justice et l’intégration conformément à la Vision 2050 de la CEDEAO.
Il a souligné que le Parlement amplifie les voix des citoyens et veille à la traduction de leurs aspirations en politiques concrètes, tandis que la Cour garantit l’état de droit et les droits humains.
Selon lui, l’année 2025 revêt une importance particulière, marquant à la fois le 25e anniversaire du Parlement et le 50e anniversaire de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dans son ensemble.
« Ces étapes constituent une occasion de réflexion sur les progrès réalisés et une réaffirmation de l’engagement commun en faveur de l’intégration régionale, de la paix et de la justice. »







