Le Mali traverse une période sombre de son histoire, prisonnier d’un autoritarisme déguisé en patriotisme. Depuis le coup d’État de 2020, une illusion d’émancipation s’est installée, orchestrée par une junte militaire qui s’est peu à peu muée en outil d’ambitions personnelles.
À l’origine, cette transition militaire semblait avoir été mise en place pour servir des intérêts cachés : permettre à celui qui a placé ces colonels au pouvoir de revenir plus tard s’en emparer officiellement. Mais ce plan s’est heurté à une autre réalité : les jeunes colonels, sans véritable boussole politique, se sont laissés séduire par des figures opportunistes, issues aussi bien de la rue politique que de certains cercles médiatiques radicaux.
Ce glissement a donné naissance à une alliance toxique entre la junte et certains éléments du M5-RFP, transformant les colonels en instruments d’une dynamique de pouvoir improvisée et sans vision claire. L’arrivée des mercenaires russes de Wagner, accompagnés de leurs propagandistes panafricanistes, a renforcé l’étau. Ceux-ci, validés par les plus hautes sphères de l’armée de transition et par le Premier ministre Choguel Maïga, ont pris le contrôle de la narration publique.
Assimi Goïta, projeté comme “libérateur de l’Afrique”, peine même à s’adresser avec clarté à son propre peuple dans les langues nationales du Mali – Mianka, Bobo, Bambara – et encore moins en français, où la plupart des colonels putschistes s’expriment de manière maladroite, parfois embarrassante.
Cette incapacité à communiquer des messages cohérents et rassembleurs renforce le sentiment de chaos généralisé. Le Mali est aujourd’hui dirigé d’une main de fer par une junte incapable de créer un récit national inclusif, aggravant ainsi l’isolement du pays sur tous les plans : politique, économique et diplomatique.
La vérité, étouffée aujourd’hui sous le poids de la propagande et de la peur, finira par émerger. Mais à quel prix pour le peuple malien ?
AG Ahmedou Mohamed







