La 78e édition du Festival de Cannes s’est ouverte lundi soir par un hommage profondément émouvant rendu par la présidente du jury, l’actrice française Juliette Binoche, à la photographe palestinienne Fatima Hassouna, tuée dans une frappe aérienne israélienne qui a visé sa maison à l’est de la ville de Gaza. L’attaque, survenue le 16 avril 2025, a coûté la vie à dix membres de sa famille, dont sa sœur enceinte.
« À l’aube de ce jour, un missile a frappé leur maison dans le quartier d’al-Tuffah. Fatima, 25 ans, est morte avec les siens, quelques jours seulement avant son mariage. La veille, elle avait appris qu’un film auquel elle participait avait été sélectionné à Cannes. Elle devait être ici avec nous ce soir », a déclaré Binoche dans son discours d’ouverture.
Fatima Hassouna, célèbre pour ses clichés poignants de la vie quotidienne à Gaza sous blocus, collaborait avec des médias internationaux tels que The Guardian et Mondoweiss. Elle avait participé à plusieurs expositions internationales, et figurait récemment comme protagoniste du documentaire Mets ton âme dans ta main et marche, réalisé par l’iranienne-française Sepideh Farsi, présenté dans la section ACID du festival.
Fatima devait assister à la première du film à Cannes, mais la frappe israélienne a mis fin à ses rêves et à sa voix visuelle unique qui témoignait des drames humains dans sa région.
Son assassinat survient alors que plus de 200 journalistes ont été tués à Gaza depuis octobre 2023, faisant de cette guerre l’un des conflits les plus meurtriers pour la presse dans l’histoire récente.
L’hommage de Cannes à Fatima Hassouna dépasse le simple geste symbolique : il s’agit d’un cri artistique contre la violence, et d’un rappel que les vérités capturées par l’objectif d’un journaliste ne meurent jamais, car l’art porte les voix que les bombes tentent de faire taire.







