
Bamako – African Perceptions | Analyse spéciale
Le 3 mai 2025 restera une date charnière dans l’histoire politique récente du Mali. Ce jour-là, des milliers de Maliens sont descendus dans les rues de Bamako pour dénoncer la dissolution des partis politiques et le projet de prolongation du régime militaire sans élections démocratiques.
Une contestation massive, malgré la répression
Sous un soleil de plomb et face à des gaz lacrymogènes, les manifestants ont tenu bon, scandant « liberté et démocratie » face aux forces de sécurité déployées massivement. L’ampleur de la mobilisation a surpris même les observateurs internationaux : c’est la plus grande manifestation depuis la prise de pouvoir par le colonel Assimi Goïta en 2021.

Selon Agh Ahmedou Mohamed, journaliste et militant de la société civile :
« Le Mali n’est pas une caserne. Le peuple qui a renversé Moussa Traoré en 1991 peut en faire autant aujourd’hui. »
Depuis Paris, Ismaël Sacko, président du Parti Social-Démocrate Africain (PSDA), a salué la mobilisation :
« Le rêve du despote Assimi Goïta s’est brisé le 3 mai. Il n’aura ni mandat de cinq ans, ni présidence à vie. Le peuple a changé la donne. »
Le soutien fort de Moussa Mara
Dans une publication partagée sur les réseaux sociaux, Moussa Mara, ancien Premier ministre malien, a lui aussi félicité les manifestants :
« Bravo au peuple malien pour cette mobilisation. Vous avez été empêchés, intimidés, mais vous avez montré que vous tenez plus que jamais à la liberté, à la justice et à la démocratie. Restons unis et résilients. Ensemble, nous remettrons le Mali sur la bonne voie. »
Cette prise de position a été perçue comme un signal fort d’unité entre les leaders politiques et la base citoyenne, dans une phase critique de la transition.
Des recommandations controversées
Les manifestations font suite aux recommandations du Dialogue des Forces Vives, qui propose :
- La dissolution de tous les partis politiques.
- La prolongation du mandat de Goïta sans élections.
- La fin du pluralisme politique.
Malgré l’absence de validation formelle, un décret gouvernemental a déjà abrogé le statut des partis, provoquant une vague d’indignation au niveau national et international.
Les regards tournés vers 2025
Alors que l’ONU, la CEDEAO et plusieurs ONG internationales rappellent l’importance du respect des droits civiques et du calendrier de transition fixé à mars 2025, le peuple malien semble déterminé à reprendre en main son avenir démocratique.
Conclusion : Un nouveau souffle démocratique ?
Le 3 mai 2025 pourrait marquer le début d’une nouvelle ère au Mali, une ère où la société civile, les partis politiques, et la jeunesse se lèvent ensemble pour dire non à la militarisation de l’État, et exiger le retour à la République et à la légitimité populaire.








