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Afrique du l’Ouest et Sahel

Conférence nationale au Mali et gestion de la transition : Les nouvelles recommandations vont-elles consolider la stabilité ou aggraver la crise politique ?

Les recommandations issues de la Conférence nationale au Mali marquent un tournant critique dans le processus politique du pays, consolidant l’emprise de l’institution militaire sur les rouages de l’État sous le couvert de la « transition ».

La conférence a notamment proposé des mesures controversées, telles que la nomination du colonel Assimi Goïta, chef de la junte au pouvoir, à la tête d’une transition de cinq ans, ainsi que la dissolution de tous les partis politiques.

Ces propositions traduisent une volonté de renforcer le pouvoir militaire au détriment du pluralisme politique, suscitant des inquiétudes quant à l’avenir de la démocratie au Mali et à la compatibilité de ces mesures avec les aspirations populaires et les pressions internationales.

Arrivé au pouvoir par deux coups d’État en 2020 et 2021, le colonel Goïta semble vouloir prolonger son règne sous le prétexte d’une transition, tandis que l’élimination des partis politiques vise à concentrer le pouvoir entre les mains des militaires et affaiblir toute opposition structurée.

Ces recommandations surviennent dans un contexte sécuritaire très complexe : le pays fait face, depuis 2012, à une intensification des violences armées, notamment les attaques djihadistes liées à Al-Qaïda et à l’État islamique, les conflits intercommunautaires et l’instabilité sociale.

Sur le plan politique, ces décisions suscitent de vives critiques de la part de la communauté internationale, notamment de l’Union africaine, de la CEDEAO et des puissances occidentales, qui exigent un retour rapide à un pouvoir civil.

La dissolution des partis risque d’aggraver les divisions internes et de marginaliser des pans entiers de la société dans le processus décisionnel, compromettant ainsi la légitimité politique du régime de transition.

Sur le plan sécuritaire, les militaires justifient leurs décisions par la nécessité de « restaurer la stabilité ». Cependant, l’absence de stratégie claire pour lutter contre le terrorisme et répondre à la crise humanitaire soulève des doutes sur l’efficacité de cette approche, perçue comme un prétexte pour étouffer les libertés politiques au nom de « l’unité nationale ».

Selon plusieurs observateurs, ces recommandations traduisent la volonté de la junte de pérenniser son pouvoir, mais elles posent de sérieux défis à la stabilité à long terme. Sans légitimité populaire ni soutien international, le Mali risque de s’enliser davantage dans l’isolement et les tensions internes, en particulier si la situation économique et sécuritaire continue de se détériorer.

Le véritable enjeu réside dans la recherche d’un équilibre entre impératifs sécuritaires et exigences politiques, sans renier totalement le processus démocratique.

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