Dans le cadre de sa vision stratégique « Vision 2030 », l’Arabie saoudite a intensifié ses efforts pour réorganiser le marché du travail, en imposant des sanctions financières strictes contre les violations du système de résidence et de travail, tout en introduisant des redevances mensuelles sur les travailleurs étrangers et leurs accompagnants. Ces mesures suscitent un large débat quant à leur impact économique et social.
1. Sanctions sévères contre les infractions
Le gouvernement saoudien applique des amendes croissantes visant à réduire le travail informel et les dépassements de visa :
- Travail indépendant (travailleurs irréguliers) :
- 10 000 SAR et expulsion à la première infraction.
- 25 000 SAR + 1 mois de prison à la deuxième, avec expulsion.
- 50 000 SAR + 6 mois de prison à la troisième, avec expulsion.
- Dépassement de visa :
- 15 000 SAR à la première fois, jusqu’à 50 000 SAR + 6 mois de prison à la troisième.
- Emploi d’un travailleur fugitif :
- Entre 5 000 et 15 000 SAR + possibilité de prison. Sanctions aggravées en cas de récidive.
2. Frais de résidence : entre équilibre budgétaire et « saudisation »
Dans le cadre du « Programme de contrepartie financière », des frais mensuels sont appliqués :
- Pour les travailleurs étrangers : entre 300 et 400 SAR par mois selon le ratio avec les travailleurs saoudiens.
- Pour les accompagnants : commençant à 100 SAR/mois, progressant jusqu’à 400 SAR.
Ces frais visent à stimuler l’emploi local et à générer des revenus non pétroliers.
3. Impact économique : exode massif et hausse des coûts
Près de 4 millions de travailleurs étrangers ont quitté le Royaume, affectant particulièrement les secteurs dépendants de la main-d’œuvre étrangère (construction, agriculture, transport). Cela a entraîné une augmentation des coûts pour les entreprises locales, notamment les PME.
4. Exemptions humanitaires et diplomatiques
Certains groupes sont exemptés des frais :
- Épouses étrangères de citoyens saoudiens.
- Étudiants boursiers.
- Diplomates et employés d’ambassades.
- Employés domestiques, agriculteurs, bergers et chauffeurs privés.
- Dépendants familiaux (épouses et enfants).
5. Un choix stratégique au cœur de Vision 2030
Ces politiques reflètent l’ambition de :
- Réduire la dépendance aux hydrocarbures.
- Réformer structurellement le marché du travail.
- Diminuer les transferts de fonds à l’étranger.
Mais certains économistes appellent à un rééquilibrage, afin d’éviter un manque de main-d’œuvre qualifiée et d’assurer la compétitivité du marché local.







