Le gouvernement du Soudan du Sud a démenti les informations selon lesquelles l’Ouganda aurait déployé des forces spéciales dans sa capitale, Juba.
Le chef de l’armée ougandaise, le général Muhoozi Kainerugaba, a déclaré que les soldats s’étaient rendus dans le pays voisin pour aider le président sud-soudanais, Salva Kiir, à “sécuriser” la ville.
Cette déclaration intervient alors que les tensions s’intensifient entre Kiir et son vice-président Riek Machar, alimentant les craintes d’un effondrement de leur fragile accord de paix et d’une reprise du conflit.
“Nous protégerons l’ensemble du territoire du Soudan du Sud comme s’il s’agissait du nôtre”, a écrit le général Kainerugaba sur la plateforme sociale X.
Le porte-parole de l’armée ougandaise, Felix Kulayigye, a également confirmé le déploiement, mais a refusé d’en révéler les détails.
Le gouvernement sud-soudanais n’a pas immédiatement réagi aux informations mardi matin. Toutefois, plus tard dans la journée, le ministre de l’Information, Michael Makuei, a déclaré aux médias locaux qu’aucune troupe ougandaise n’était présente à Juba.
L’inquiétude concernant la situation sécuritaire au Soudan du Sud ne cesse de croître. Samedi, les États-Unis ont ordonné l’évacuation de tout leur personnel non essentiel du pays.
La semaine dernière, le chef adjoint de l’armée et deux ministres – tous proches de Machar – ont été arrêtés par les forces de sécurité. Un porte-parole de l’opposition a dénoncé une “violation grave” de l’accord de paix. Depuis, l’un des ministres a été libéré.
Ces arrestations font suite à des affrontements dans l’État du Haut-Nil entre les forces gouvernementales et une milice connue sous le nom de “White Army” (Armée Blanche).
Cette milice avait combattu aux côtés de Machar lors de la guerre civile déclenchée en 2013 à la suite d’une lutte de pouvoir entre lui et Kiir.
Ce conflit avait provoqué de violents combats à Juba, Kiir accusant Machar d’avoir planifié un coup d’État. Machar avait nié ces accusations, mais le Soudan du Sud avait alors sombré dans une guerre civile qui a fait plus de 400 000 morts.
Un accord de partage du pouvoir signé en 2018 avait permis d’arrêter les combats, mais des éléments clés de cet accord n’ont toujours pas été mis en œuvre, notamment l’adoption d’une nouvelle constitution, l’organisation d’élections et la réunification des groupes armés au sein d’une seule armée.







