La Banque africaine d’import-export (Afreximbank) a révélé que la dette totale de l’Afrique a atteint 1,2 trillion de dollars, soulignant la nécessité pour les gouvernements du continent d’adopter une discipline budgétaire afin d’assurer la stabilité économique. La banque prévoit une réduction significative du niveau d’endettement à partir de 2027.
Le rapport indique également que la dette publique mondiale s’élève à 102 trillions de dollars en 2024, enregistrant une augmentation de 5 trillions de dollars par rapport à 2023. Cette hausse est largement attribuée aux politiques budgétaires des grandes puissances économiques telles que les États-Unis, qui représentent 34,6 % de la dette mondiale, ainsi que la Chine.
Dans son rapport intitulé “Perspectives de la dette africaine : une lueur d’optimisme”, la banque précise que si le ratio dette publique/PIB en Afrique reste relativement inférieur à celui d’autres régions, la viabilité du service de la dette demeure un défi majeur.
Cependant, malgré ces défis, le rapport met en avant des signes encourageants, indiquant que le continent africain progresse dans la stabilisation de son profil d’endettement, avec une baisse projetée entre 2027 et 2028.
Une trajectoire positive grâce à une gestion améliorée
Selon Afreximbank, cette dynamique favorable est soutenue par des conditions macroéconomiques positives, une meilleure gestion budgétaire et un accès accru aux marchés financiers. Toutefois, la banque s’interroge sur la capacité du continent à maintenir cette tendance sur le long terme.
Le rapport souligne également l’importance de la discipline fiscale, des initiatives structurées d’allègement de la dette et de la diversification des investissements économiques pour assurer une gestion durable de la dette africaine.
L’Afrique, selon la banque, peut surmonter la phase post-crise en réformant l’architecture financière internationale, en renforçant la transparence et en construisant un avenir économique plus résilient.
Une réponse politique multidimensionnelle nécessaire
Pour garantir cet avenir optimiste, Afreximbank recommande une approche politique diversifiée, insistant sur le fait que les décideurs doivent prioriser la gestion efficace des dépenses, la mobilisation des recettes et une participation active aux initiatives comme le Cadre commun du G20.
L’investissement dans l’agriculture, l’industrie manufacturière, la technologie et le tourisme pourrait permettre de réduire la dépendance aux marchés des matières premières volatils, tout en plaidant pour un traitement plus équitable entre créanciers et débiteurs afin d’instaurer un système financier mondial plus juste.
Enfin, le rapport conclut que le chemin à parcourir reste semé d’embûches, mais souligne que la gestion efficace de la dette africaine pourrait devenir un levier de croissance durable, plutôt qu’une bombe à retardement. La banque met en garde contre les ralentissements économiques qui réduisent les recettes en devises étrangères, rendant difficile le remboursement de la dette et entraînant ainsi un recours accru à l’emprunt.
En outre, le rapport souligne que les coûts élevés liés au développement des infrastructures, aux soins de santé et à l’éducation dans les marchés émergents nécessitent des financements massifs, souvent obtenus via des prêts et autres instruments de dette.







