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Afrique du l’Ouest et Sahel

Uber quitte le Nigeria et l’Ouganda et mise 10 milliards de dollars sur la mobilité autonome

L’entreprise met fin à 12 années de présence au Nigeria et à une décennie en Ouganda, mais maintient ses activités au Kenya, en Égypte, au Ghana et en Afrique du Sud, sur fond de restructuration mondiale et de suppression de 3 300 postes

Uber a mis fin, le 2 septembre, à ses activités de transport avec chauffeur au Nigeria et en Ouganda, après 12 années de présence sur le marché nigérian et environ une décennie en Ouganda.

L’entreprise affirme avoir pris cette décision après un examen approfondi de ses priorités commerciales et des marchés africains dans lesquels elle souhaite concentrer ses investissements. Elle n’a toutefois pas indiqué de raison unique justifiant son départ.

Uber a souligné que cette décision concernait exclusivement le Nigeria et l’Ouganda et ne constituait pas un retrait du continent. La plateforme reste présente notamment au Kenya, en Égypte, au Ghana et en Afrique du Sud. Elle a également promis d’accompagner les chauffeurs, les passagers et ses équipes locales pendant la transition.

Uber avait lancé ses activités au Nigeria à Lagos en 2014 avant de s’étendre à d’autres villes. Elle était entrée sur le marché ougandais à Kampala en juin 2016.

L’entreprise n’a pas précisé le nombre de chauffeurs, d’utilisateurs ou d’employés concernés. Son centre d’assistance au Nigeria restera accessible jusqu’au 23 septembre afin de traiter les questions en suspens liées aux comptes.

Un marché important mais fortement concurrentiel

Uber n’a pas officiellement attribué son départ aux conditions économiques ou réglementaires. Des médias locaux ont cependant associé ses difficultés au Nigeria à la hausse du prix du carburant, à l’inflation, aux fluctuations monétaires, à l’augmentation des coûts d’exploitation et à la concurrence de Bolt, inDrive et LagRide.

La suppression de la subvention sur l’essence en 2023 a accru les charges supportées par les chauffeurs, tandis que les désaccords concernant les tarifs et les commissions prélevées par les plateformes ont provoqué plusieurs mouvements de protestation.

Le Guardian nigérian a estimé la valeur du marché national du transport par application à environ 450 millions de dollars en 2025.

Sheriffdeen Tella, professeur d’économie à l’université Olabisi-Onabanjo, estime que le départ d’Uber pourrait affecter l’emploi, mais que son impact sur le produit intérieur brut restera limité, car la majorité des chauffeurs pourront rejoindre des plateformes concurrentes.

Bolt a indiqué qu’elle n’envisageait pas de quitter le Nigeria et qu’elle continuait d’y voir des possibilités importantes. Les syndicats de chauffeurs ont demandé l’ouverture d’un dialogue sur l’avenir de la mobilité numérique et les droits des travailleurs, tout en reprochant à Uber son départ sans consultation suffisante ni plan de transition détaillé.

En Ouganda, le retrait profite à des concurrents tels que Bolt, SafeBoda, Faras et Yango, qui proposent des services de voiture et de moto dans un marché très sensible aux prix.

Quatre départs en moins d’un an

Le retrait du Nigeria et de l’Ouganda s’inscrit dans un recul sélectif des activités africaines d’Uber.

L’entreprise avait déjà quitté la Côte d’Ivoire à la fin de 2025, après environ six années d’activité, puis la Tanzanie le 30 janvier 2026, à l’issue de différends prolongés avec les autorités de régulation concernant les tarifs et les commissions.

Uber s’est ainsi retirée de quatre marchés africains en moins d’un an, tout en affirmant que ces décisions traduisent une réorientation de ses investissements plutôt qu’un abandon du continent.

Suppression de 3 300 postes

Ces retraits ont coïncidé avec l’annonce de la suppression d’environ 3 300 emplois, soit 10 % des effectifs mondiaux d’Uber. Il s’agit de la plus importante vague de licenciements engagée par l’entreprise depuis la pandémie de Covid-19.

Le directeur général, Dara Khosrowshahi, a expliqué que la restructuration devait réduire les niveaux hiérarchiques, regrouper certaines équipes et accélérer la prise de décision. Selon lui, ces changements concernent l’organisation et les priorités de l’entreprise, et non les contributions individuelles des employés.

Contrairement à plusieurs entreprises technologiques, Uber n’a pas directement attribué les licenciements à l’intelligence artificielle.

Un pari sur les véhicules sans conducteur

Uber prévoit de consacrer plus de 10 milliards de dollars aux partenariats et aux investissements liés aux véhicules autonomes au cours des prochaines années, afin de défendre sa position face aux opérateurs de robotaxis comme Waymo et Tesla.

Dans le cadre de sa stratégie actuelle, Uber ne souhaite pas fabriquer elle-même des véhicules autonomes. Elle cherche plutôt à transformer son application en une place de marché permettant aux passagers d’accéder à des véhicules sans conducteur exploités par différentes entreprises technologiques.

Le retrait de quatre marchés africains, la réduction des effectifs et l’augmentation des investissements dans la mobilité autonome témoignent d’un changement de priorités : concentrer les ressources sur les marchés et les produits offrant une croissance à grande échelle, tout en réduisant l’exposition aux environnements marqués par des coûts élevés, une concurrence intense et des contraintes réglementaires.

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