Alors que plusieurs pays du Sahel vivent au rythme des transitions militaires, des discours souverainistes et des promesses de refondation nationale, la Mauritanie offre aujourd’hui un contre-exemple remarquable. Sous la présidence de Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, le pays a multiplié les investissements structurants dans l’éducation, la santé, l’eau, les infrastructures, le numérique et l’énergie. Un bilan concret qui interroge les trajectoires suivies par les juntes du Mali, du Burkina Faso et du Niger, où les annonces politiques peinent souvent à se traduire par des réalisations visibles pour les populations.
Le développement comme mesure de l’action publique:
Dans une tribune détaillée, l’analyste politique Sidi Mohamed dresse un inventaire impressionnant des réalisations enregistrées sous la présidence de Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. Au-delà des chiffres et des infrastructures, son texte pose une question essentielle : comment mesurer l’efficacité d’un pouvoir politique ?
Pour Sidi Mohamed, la réponse est simple. Un gouvernement se juge d’abord à sa capacité à améliorer concrètement la vie des citoyens. Les routes, les écoles, les hôpitaux, l’eau potable, l’électricité et les emplois constituent des indicateurs plus pertinents que les discours de mobilisation politique ou les campagnes de communication.
Cette approche mérite d’être soulignée dans un contexte sahélien où les débats publics sont souvent dominés par les questions sécuritaires et les affrontements idéologiques.
Investir dans l’intelligence nationale:
Parmi les réalisations mises en avant par Sidi Mohamed figure la modernisation de l’enseignement supérieur et de la formation professionnelle.
La construction du siège de l’École nationale d’administration, de journalisme et de magistrature représente un investissement stratégique dans la formation des futures élites administratives du pays.
À cela s’ajoutent la création de l’Institut supérieur de la transformation numérique ainsi que l’École de formation professionnelle et technique dédiée aux secteurs des mines, du pétrole et du gaz.
Ces projets traduisent une vision de long terme : préparer les jeunes Mauritaniens à occuper les emplois créés par les transformations économiques du pays au lieu de dépendre durablement d’une expertise étrangère.
Dans une région où le chômage des jeunes constitue l’une des principales menaces pour la stabilité, cet effort apparaît particulièrement significatif.
La santé comme fondement du contrat social:
Sidi Mohamed souligne également les avancées enregistrées dans le secteur sanitaire.
La construction et l’équipement de l’hôpital de Sélibaby ainsi que l’extension de l’hôpital central des spécialités médicales renforcent considérablement les capacités du système de santé mauritanien.
Ces investissements sont souvent moins visibles médiatiquement que les grands projets routiers ou militaires. Pourtant, ils produisent un impact direct sur la vie quotidienne des citoyens en améliorant l’accès aux soins spécialisés et en réduisant les inégalités territoriales.
Un État moderne se mesure aussi à sa capacité à soigner sa population.
La bataille décisive de l’eau:
Dans les pays sahéliens, l’accès à l’eau constitue probablement l’un des défis les plus stratégiques du XXIe siècle.
À cet égard, les projets cités par Sidi Mohamed illustrent l’ampleur des investissements engagés.
La deuxième phase du projet Aftout Echerghi a permis de tripler la capacité de production d’eau, passant de 5 000 à 15 000 mètres cubes.
Parallèlement, l’extension et la modernisation du système Aftout Essahli ont porté sa capacité à 150 000 mètres cubes par jour.
Le renforcement du réseau d’eau potable de Nouadhibou et l’extension de son usine de dessalement viennent compléter cet effort national.
Dans une région confrontée à la pression démographique et au changement climatique, ces investissements constituent sans doute l’un des héritages les plus durables du mandat de Mohamed Ould Ghazouani.
Moderniser l’État plutôt que l’affaiblir:
L’une des caractéristiques du modèle mauritanien réside dans le renforcement progressif des institutions.
La construction du siège de la Délégation générale à la sécurité civile et à la gestion des crises ainsi que celui de la Délégation générale aux Archives nationales témoignent d’une volonté de moderniser l’administration et de renforcer ses capacités opérationnelles.
Cette logique contraste avec certaines transitions militaires du Sahel où l’État tend parfois à être réduit à son appareil sécuritaire.
Routes, ponts et mobilité,les artères du développement:
Le texte de Sidi Mohamed met également en avant plusieurs réalisations majeures dans le domaine des infrastructures.
Le pont de l’Amitié, connu sous le nom de pont de Madrid, le pont de Hay Sakene, la réhabilitation du tronçon Aioun-Aweinat Zbel, l’extension du réseau routier de Nouakchott ainsi que la mise en service d’un réseau moderne de bus illustrent cette dynamique.
Ces infrastructures ne représentent pas seulement des ouvrages techniques.
Elles favorisent les échanges économiques, réduisent les coûts de transport et renforcent l’intégration territoriale.
Elles constituent les fondations invisibles de la croissance future.
La souveraineté numérique par les investissements:
À l’heure où la transformation numérique redessine les économies mondiales, la Mauritanie semble avoir compris l’importance de cette révolution.
La construction du Centre national de données constitue une étape importante vers une plus grande autonomie numérique.
L’extension des services de télécommunications dans les régions frontalières du sud et de l’est permet désormais à plus de 300 000 citoyens répartis dans 240 localités d’accéder à des services modernes de communication.
Là encore, il s’agit d’un investissement dans l’avenir.
Agriculture, énergie et sécurité alimentaire:
Selon Sidi Mohamed, le projet d’électrification des zones agricoles de la vallée du fleuve constitue un autre pilier du programme présidentiel.
Cette initiative permet non seulement d’améliorer la productivité agricole mais également de renforcer la sécurité alimentaire du pays.
Dans un contexte mondial marqué par les crises alimentaires successives, cette orientation stratégique apparaît particulièrement pertinente.
Relancer l’économie productive:
La réhabilitation de la Société Mauritanienne de Production de Lait illustre une autre dimension du programme de développement : le soutien aux capacités productives nationales.
Dans de nombreux pays africains, les industries publiques ont souvent été abandonnées ou laissées à l’abandon.
Le choix de leur réhabilitation traduit une volonté de renforcer la production locale et de réduire certaines dépendances économiques.
Une jeunesse au cœur des politiques publiques:
La construction des stades de Dar Naïm et de Teyarett démontre également l’attention portée à la jeunesse.
Le sport constitue aujourd’hui un levier essentiel d’intégration sociale, de santé publique et de cohésion nationale.
Ces infrastructures offrent aux jeunes générations des espaces d’épanouissement et d’expression.
Sécurité maritime et environnement:
Sidi Mohamed rappelle également les efforts engagés dans la modernisation des infrastructures portuaires et environnementales.
La modernisation de la station de traitement des eaux usées du marché aux poissons de Nouakchott ainsi que la réalisation d’un quai d’accostage doté de stations radar pour les garde-côtes renforcent à la fois la protection de l’environnement et la sécurité maritime.
Ces investissements répondent à des enjeux stratégiques majeurs pour un pays dont une part importante de l’économie dépend de la mer.
Nouadhibou, porte économique du pays:
Enfin, la réhabilitation de la piste de l’aéroport international de Nouadhibou et de ses infrastructures annexes renforce la compétitivité logistique du pays.
Dans une économie mondialisée, la qualité des infrastructures de transport constitue un facteur déterminant pour attirer les investissements.
Une leçon pour le Sahel ?
La comparaison avec les régimes militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger est inévitable.
Depuis plusieurs années, les dirigeants de ces pays multiplient les discours sur la souveraineté retrouvée, la rupture historique et la refondation nationale.
Pourtant, les populations attendent avant tout des résultats concrets : des écoles, des hôpitaux, de l’eau potable, de l’électricité, des routes et des emplois.
Le bilan présenté par Sidi Mohamed montre qu’un pouvoir issu des urnes peut produire des résultats tangibles et durables lorsqu’il place le développement au centre de son action.
La véritable souveraineté ne se mesure pas seulement à la capacité de dénoncer des partenaires étrangers ou de tenir des discours patriotiques.
Elle se mesure à la capacité d’un État à offrir à ses citoyens des services publics efficaces, des infrastructures modernes et des perspectives d’avenir.
À cet égard, la Mauritanie de Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani apparaît aujourd’hui comme l’un des exemples les plus significatifs du Sahel.
Et c’est peut-être là, la principale leçon politique de cette période, les nations ne se transforment pas par les slogans, mais par les réalisations.
Par Mohamed AG Ahmedou avec la contribution de Sidi Mohamed







