Dans un tournant majeur de sa politique migratoire, le gouvernement suédois a proposé de relever le salaire minimum requis pour obtenir un permis de travail, passant de 29 680 SEK à 33 390 SEK par mois à partir de l’été 2025 — soit une augmentation de 80 % à 90 % du salaire moyen national.
Selon l’exécutif, cette mesure vise à attirer des travailleurs hautement qualifiés tout en réduisant l’immigration de main-d’œuvre à bas salaire. Le gouvernement estime qu’un seuil de rémunération plus élevé permettra de lutter contre l’exploitation des travailleurs étrangers et de garantir des conditions de vie décentes à ceux qui s’installent en Suède.
Cependant, la proposition a suscité de vives critiques de la part des syndicats, des organisations patronales et des municipalités, qui avertissent qu’elle pourrait provoquer une pénurie de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs essentiels tels que la santé, la restauration, la construction et les transports.
Bien que le gouvernement envisage des dérogations ciblées pour certaines professions connaissant une pénurie critique de personnel, les détracteurs estiment que la réforme reflète avant tout une orientation politique, risquant de fragiliser le modèle suédois traditionnel de négociation collective des salaires.
Cette initiative s’inscrit dans un changement politique plus large en Suède, où les autorités cherchent à resserrer les conditions d’immigration face aux défis persistants liés à l’intégration et à l’équilibre du marché du travail.







