Le bilan de la frappe aérienne menée mardi contre le village de Yoengu dans l’État de Rakhine, au Myanmar, est passé à 18 morts, selon des rapports officiels d’organisations humanitaires locales et de l’Armée d’Arakan (AA). La dernière victime, une femme âgée blessée lors de l’explosion, a succombé à ses blessures mercredi.
Des rapports vérifiés du média indépendant The Irrawaddy et de l’association Ponnagyun Youths Association (PYA) indiquent qu’un avion de chasse de l’armée du Myanmar a largué deux bombes de 300 livres sur un marché de village bondé vers 14h00, heure locale, mardi.
Victimes et Dégâts
La frappe aurait visé un site non militaire où des habitants et des personnes déplacées internes (PDI) s’étaient rassemblés.
Morts :
18 décès confirmés
17 tués sur le coup
1 femme âgée décédée de ses blessures mercredi
Au moins 4 enfants (âgés de 6 à 15 ans)
Plusieurs femmes parmi les victimes
Blessés :
Entre 15 et 16 personnes blessées
3 enfants (âgés de 4 à 7 ans) dans un état critique
Impact sur les infrastructures :
Au moins 13 maisons détruites
Plusieurs étals du marché incendiés après les explosions
Les secouristes locaux ont décrit une scène chaotique, les flammes se propageant rapidement aux structures en bois autour du marché.
Intensification du Conflit dans l’État de Rakhine
L’attaque intervient alors que les combats s’intensifient dans l’État de Rakhine, où l’armée du Myanmar aurait perdu le contrôle de 14 des 17 cantons au profit de l’Armée d’Arakan ces derniers mois. Les analystes estiment que la frappe s’inscrit dans une campagne aérienne plus large visant à compenser les pertes territoriales.
La situation humanitaire dans la région continue de se détériorer. Le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (UNOCHA) et le Programme alimentaire mondial (PAM) ont averti que le blocus militaire en cours à Rakhine a entraîné une « augmentation dramatique de la faim », limitant l’accès à la nourriture, aux fournitures médicales et aux biens essentiels.
À l’échelle nationale, les Nations unies estiment qu’environ 3,6 millions de personnes restent déplacées début 2026, Rakhine étant identifiée comme l’une des régions les plus instables du pays.
Carburant d’Aviation et Pression Internationale
L’organisation de surveillance Justice For Myanmar a indiqué que les importations de carburant d’aviation au Myanmar ont presque doublé entre 2024 et 2025, atteignant environ 106 604 tonnes métriques. Des observateurs estiment que cet accès continu au carburant a permis une augmentation de la fréquence des frappes aériennes dans les zones contestées.
La question du carburant d’aviation est devenue centrale dans les discussions internationales sur les sanctions, des groupes de défense appelant à un renforcement des restrictions pour limiter les bombardements aériens.
Réactions Officielles et Internationales
L’Armée d’Arakan a condamné la frappe de Yoengu comme un « crime de guerre » et un « crime contre l’humanité », affirmant qu’aucune installation militaire n’était présente dans le village au moment de l’attaque.
En janvier 2026, marquant cinq ans depuis le coup d’État militaire au Myanmar, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a déclaré que « le cycle de l’impunité persiste », condamnant le ciblage continu des civils dans tout le pays.
Des organisations internationales de défense des droits humains, dont Human Rights Watch, ont également critiqué les résultats des élections de janvier 2026, les qualifiant d’illégitimes et affirmant que la violence s’est intensifiée depuis la fin du scrutin.
Une Crise Persistante
Alors que les combats s’intensifient et que l’accès humanitaire reste restreint, les civils de l’État de Rakhine continuent de payer le plus lourd tribut. Les agences d’aide avertissent que sans désescalade immédiate et élargissement des couloirs humanitaires, le nombre de victimes et de déplacés pourrait encore augmenter dans les mois à venir.







