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La pénurie de diesel pousse Bamako au bord de la paralysie entre vague de chaleur et attaques contre les routes d’approvisionnement

La capitale malienne Bamako fait face à une grave pénurie de diesel qui a paralysé les transports, mis sous pression la production d’électricité et provoqué une forte hausse des prix alimentaires, alors que des attaques de groupes armés contre les routes d’approvisionnement se combinent à une vague de chaleur extrême.

Les autorités indiquent que la crise a contraint le gouvernement à donner la priorité aux livraisons de diesel destinées à la production d’électricité, laissant la plupart des stations-service de Bamako presque vides.

La société nationale d’électricité EDM-SA a obtenu un accès prioritaire aux cargaisons de diesel arrivant dans le pays afin d’éviter l’effondrement du réseau électrique.

Selon des responsables, cette décision intervient alors que le Mali subit une vague de chaleur sévère avec des températures atteignant environ 45 degrés Celsius ces derniers jours.

Ces conditions extrêmes ont fortement augmenté la demande d’électricité alors que les habitants dépendent davantage des ventilateurs et des systèmes de refroidissement.

En redirigeant le diesel vers les centrales électriques, le gouvernement tente de stabiliser le réseau national, mais cette décision a laissé la majorité des stations-service sans approvisionnement.

Les syndicats du transport signalent que plus d’une centaine de véhicules de transport public ont déjà été immobilisés cette semaine en raison du manque de carburant.

L’association des producteurs de sable a également averti que les camions transportant des matériaux de construction commencent à manquer de carburant, menaçant de ralentir les projets de construction et de perturber les chaînes d’approvisionnement dans la capitale.

La pénurie de carburant a été aggravée par des défis sécuritaires le long des principaux corridors d’approvisionnement.

Le groupe Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin, affilié à Al-Qaïda, a ciblé des camions-citernes et des routes logistiques reliant le Mali aux pays voisins.

Depuis la fin de l’année précédente, des militants auraient attaqué ou saboté des camions en provenance de pays voisins qui constituent des voies d’approvisionnement clés pour le carburant du Mali.

Selon l’Union des importateurs de pétrole du Mali, le nombre de camions-citernes entrant dans le pays a fortement diminué.

Environ deux mille camions par mois arrivent actuellement au Mali, contre près de six mille avant l’aggravation de la crise.

L’armée malienne a commencé à escorter les convois de carburant sur les routes les plus dangereuses, mais les autorités affirment que le nombre d’escortes disponibles reste insuffisant pour répondre à la demande nationale.

Les conséquences économiques de la crise sont déjà visibles.

Les coûts de transport auraient triplé dans certaines régions, provoquant une forte hausse des prix des produits alimentaires de base.

Les marchés de Bamako et d’autres villes ont vu les prix de denrées essentielles comme le pain et le riz augmenter fortement ces dernières semaines, selon des commerçants et des responsables locaux.

La crise énergétique a également perturbé l’éducation à l’échelle nationale.

Des écoles et des universités ont été temporairement fermées après que des administrateurs ont indiqué qu’ils ne pouvaient plus alimenter les installations ou assurer le transport des étudiants.

Pour tenter de stabiliser la production d’électricité, le Mali s’est tourné vers des partenaires régionaux.

La présidence malienne a confirmé un accord avec un pays voisin pour fournir environ 150 millions de litres de diesel destinés aux centrales électriques d’EDM.

Cependant les autorités avertissent que l’acheminement du carburant reste un défi logistique majeur car les convois doivent traverser des zones touchées par l’activité insurgée.

La crise se déroule également pendant une vague de chaleur intense.

Le service météorologique national a émis une alerte de chaleur extrême qui devrait se poursuivre plusieurs jours, appelant les habitants à limiter l’exposition au soleil et à rester hydratés.

Les organisations humanitaires s’adaptent également à la pénurie de carburant.

Une organisation médicale internationale a converti plusieurs centres de santé à des systèmes d’énergie solaire afin de réduire la dépendance aux générateurs diesel.

Les analystes avertissent que la crise pourrait s’aggraver dans les semaines à venir si les importations de carburant ne se stabilisent pas et si les routes d’approvisionnement ne sont pas sécurisées.

Avec la production d’électricité, les réseaux de transport et la distribution alimentaire tous fortement dépendants du diesel, la pénurie actuelle à Bamako illustre comment l’instabilité sécuritaire et les conditions climatiques extrêmes peuvent rapidement menacer l’infrastructure urbaine et la stabilité économique dans la région du Sahel.

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