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Afrique du l’Ouest et Sahel

La poussière d’Ingall : les courses de chameaux et de chevaux couronnent la 59e Cure Salée au Niger

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La ville d’Ingall, dans le nord du Niger, s’est transformée en vaste arène d’équitation et de patrimoine saharien avec l’organisation des courses de chameaux et de chevaux dans le cadre de la 59e édition du festival de la Cure Salée, l’un des plus grands rassemblements annuels d’éleveurs et de tribus nomades du pays.

Les courses se sont déroulées le samedi 3 octobre 2026, devant un public composé de personnalités officielles et de la population, constituant l’un des temps forts d’un festival qui allie célébration culturelle, activité pastorale et échanges commerciaux.

Ces courses ne se limitent pas à la compétition sportive : elles offrent une démonstration vivante du savoir-faire des cavaliers et des éleveurs dans la conduite des chevaux et des chameaux, et l’occasion de présenter les races, leurs méthodes de dressage et leurs parures traditionnelles.

Trois catégories, jusqu’à 15 kilomètres de course

Les épreuves se sont réparties en trois catégories : les chevaux ont parcouru 8 kilomètres, les jeunes chameaux se sont affrontés sur 10 kilomètres, et la course des grands chameaux s’est étendue sur 15 kilomètres.

Les organisateurs ont prévu des prix d’un montant total de 8,7 millions de francs CFA pour les cinq premiers de chacune des trois catégories.

Dans la catégorie des chevaux, le vainqueur a reçu 1 million de francs CFA, le deuxième 750 000, le troisième 500 000, le quatrième 300 000 et le cinquième 200 000.

Dans la course des jeunes chameaux, le vainqueur a empoché 750 000 francs, contre 500 000 pour le deuxième, 300 000 pour le troisième, 200 000 pour le quatrième et 150 000 pour le cinquième.

Le grand prix est revenu au vainqueur de la course des grands chameaux, qui a reçu 1,5 million de francs CFA, tandis que le deuxième a obtenu 1 million, le troisième 750 000, le quatrième 500 000 et le cinquième 300 000.

Lors de la cérémonie de clôture des courses, l’Union des Nigériens pour la vigilance et le patriotisme a offert un chameau au chef de l’État, le général Abdourahamane Tiani, et un autre au Premier ministre Ali Lamine Zeine.

Un festival né de la vie pastorale

La Cure Salée se tient à l’issue de la saison des pluies, lorsque les troupeaux de chameaux, de bovins et d’ovins se dirigent vers la région d’Ingall, réputée pour ses pâturages salés et ses eaux riches en minéraux.

Cette transhumance saisonnière permet aux animaux de refaire le plein de sels et de minéraux avant l’arrivée de la saison sèche, ce qui explique que le festival soit lié, depuis son origine, au cycle économique et social des éleveurs, et qu’il n’ait jamais été une simple célébration.

Ce rassemblement annuel offre aussi un espace de rencontre aux tribus et communautés pastorales venues de différentes régions, pour renouer les liens sociaux et débattre des questions de pâturages, d’eau et de couloirs de transhumance.

Les rencontres traditionnelles jouent un rôle dans le règlement des différends et la réduction des conflits potentiels entre éleveurs et agriculteurs, ce qui confère au festival une importance particulière pour la cohabitation et la paix sociale.

Art, costumes et mémoire du désert transmis aux nouvelles générations

Les courses s’accompagnent de spectacles artistiques et musicaux et de danses traditionnelles, dont des prestations touarègues et peules, ainsi que de récitals de poésie, de chants et de contes oraux.

Les participants apparaissent dans leurs vêtements traditionnels, leurs turbans et leurs bijoux en argent, tandis que chevaux et chameaux sont parés de selles, de couvertures et de brides faites à la main, transformant les compétitions en exposition vivante des arts et de l’artisanat du désert.

Ces activités permettent aux jeunes générations de découvrir le savoir-faire de leurs aïeux, les manières de travailler avec les animaux et les modes de vie nomades, contribuant à préserver le patrimoine immatériel de la disparition.

Une saison qui anime l’économie et le tourisme

Le festival a des retombées économiques sur Ingall et sur l’ensemble de la région d’Agadez, avec un essor du commerce de bétail, de denrées alimentaires, d’articles en cuir, de bijoux en argent et de vêtements traditionnels.

Les secteurs du transport, de l’hébergement, de la restauration et des services profitent également de l’afflux de participants, de visiteurs et de délégations venus des régions du Niger et des pays voisins.

Les autorités et les organisations mettent aussi à profit ce vaste rassemblement pour fournir des services vétérinaires, mener des campagnes de vaccination et prodiguer des conseils aux éleveurs, tout en organisant des activités de sensibilisation à la protection de l’environnement et à la gestion de l’eau et des pâturages.

Entre les hennissements des chevaux et le martèlement des sabots de chameaux, la Cure Salée continue de remplir sa double fonction : célébrer le patrimoine du désert et soutenir un mode de vie pastoral qui demeure un pilier culturel et économique essentiel au Niger.

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