Yoweri Museveni a officiellement prêté serment mardi pour un septième mandat en tant que président de l’Ouganda lors d’une cérémonie d’investiture de haut niveau tenue sur les terrains cérémoniels de Kololo à Kampala, prolongeant son pouvoir à quatre décennies et renforçant sa position parmi les dirigeants non royaux les plus durables au monde.
La cérémonie, à laquelle ont assisté des chefs d’État régionaux, des diplomates de haut rang, des responsables militaires et des milliers de partisans, s’est déroulée sous haute sécurité dans un contexte de craintes de manifestations de l’opposition. Le juge en chef Alfonse Owiny-Dollo a administré le serment présidentiel, marquant officiellement le début du nouveau mandat de cinq ans de Museveni, qui s’étendra jusqu’en mai 2031.
Dans son discours d’investiture, Museveni s’est engagé à poursuivre la transformation économique, l’industrialisation, l’expansion des infrastructures et une intégration régionale plus profonde en Afrique de l’Est. Il a également critiqué ce qu’il a qualifié d’ingérence étrangère dans les affaires intérieures de l’Ouganda, réaffirmant l’accent mis par son gouvernement sur la souveraineté et la stabilité politique.
Résultats officiels de l’élection
Selon la Commission électorale de l’Ouganda, présidée par le juge Simon Byabakama, Museveni a obtenu 7 946 772 voix, soit 71,65 % des suffrages exprimés lors de l’élection présidentielle du 15 janvier 2026.
Son principal rival, le chef de l’opposition Robert Kyagulanyi de la Plateforme nationale d’unité, a recueilli 2 741 238 voix, soit 24,72 %. Nandala Mafabi du Forum pour le changement démocratique est arrivé troisième avec 1,88 %, tandis que cinq autres candidats ont totalisé moins de 2 % des voix.
La Commission électorale a indiqué que le taux de participation s’élevait à environ 52,5 % des 21,6 millions d’électeurs inscrits en Ouganda. Les analystes ont noté que ce résultat marquait la première fois depuis 1996 que Museveni dépassait officiellement le seuil des 70 % des voix.
Contestations de l’opposition et préoccupations en matière de droits humains
Le résultat de l’élection a été fortement contesté par Robert Kyagulanyi, qui a rejeté les résultats et dénoncé des irrégularités généralisées, notamment le bourrage d’urnes et des défaillances des systèmes biométriques de vérification des électeurs dans les bastions de l’opposition.
La période électorale a également été marquée par des tensions politiques accrues, notamment une coupure d’Internet et des restrictions temporaires imposées à plusieurs figures de l’opposition. Des organisations internationales de défense des droits humains et des observateurs de la démocratie ont continué d’exprimer leurs inquiétudes quant à l’environnement politique en Ouganda, évoquant des restrictions à la concurrence politique, à la liberté de réunion et aux activités des médias.
Les critiques estiment que les amendements constitutionnels introduits sous le mandat de Museveni ont profondément remodelé le paysage politique du pays. En 2005, la limitation des mandats présidentiels a été supprimée, tandis qu’un amendement constitutionnel en 2017 a aboli la limite d’âge présidentielle de 75 ans, permettant à Museveni — désormais âgé de plus de 80 ans — de rester éligible à la fonction.
Accent croissant sur la succession
L’attention lors de la cérémonie d’investiture s’est également portée sur le général Muhoozi Kainerugaba, fils de Museveni et récemment nommé chef des forces de défense, qui a joué un rôle de premier plan dans la supervision des défilés militaires et des opérations cérémonielles.
La visibilité croissante de Muhoozi au sein de l’appareil militaire et de la vie politique nationale a intensifié les spéculations sur une possible stratégie de succession à l’approche de la période de transition de 2031. Les analystes politiques le considèrent de plus en plus comme une figure centrale dans la future dynamique du leadership en Ouganda, bien qu’aucun plan de succession officiel n’ait été annoncé.
Si Museveni achève son nouveau mandat, il aura dirigé l’Ouganda pendant 45 ans, consolidant davantage son héritage comme l’un des dirigeants politiques les plus durables d’Afrique.







