Des manifestations à Johannesburg et Pretoria cette semaine ont ravivé un débat national croissant en Afrique du Sud sur la politique migratoire, la concurrence économique et l’application de l’État de droit. Organisées par le mouvement « March and March », ces mobilisations ont rassemblé des centaines de participants avec le soutien de groupes civiques et d’acteurs politiques.
Dynamique des manifestations et revendications
Les protestations se sont déroulées dans plusieurs axes urbains clés, avec une première mobilisation à Pretoria mardi, suivie d’un rassemblement plus important à Johannesburg mercredi. Les manifestants ont appelé à un durcissement des contrôles migratoires et à l’expulsion des étrangers en situation irrégulière.
Selon eux, l’immigration irrégulière exerce une pression sur les services publics, notamment la santé et l’éducation, et accentue la concurrence sur le marché du travail.
À Johannesburg, la marche a traversé Newtown, Braamfontein, Jeppestown et Hillbrow avant de se terminer au siège de la législature du Gauteng. Plusieurs commerces ont fermé temporairement par mesure de précaution.
Un mémorandum a été remis au Premier ministre du Gauteng, Panyaza Lesufi, qui en a accusé réception sans intervention publique prolongée.
Réponse du gouvernement
Le gouvernement sud-africain a adopté une position ferme mais mesurée, rappelant l’importance du respect de la Constitution et de l’État de droit. La porte-parole par intérim, Nomonde Mnukwa, a exhorté les citoyens à éviter toute action illégale.
Les autorités ont également mis en avant des mesures visant à renforcer la gestion des migrations, notamment le contrôle des frontières, l’introduction d’un système d’autorisation de voyage électronique et la modernisation des infrastructures aux points d’entrée.
Montée du mouvement « March and March »
Le mouvement a gagné en visibilité depuis début 2026, en particulier dans les provinces du Gauteng et du KwaZulu-Natal. Il se présente comme une initiative citoyenne exprimant le mécontentement face au chômage et aux difficultés économiques.
Cependant, ses activités suscitent des inquiétudes quant à un possible discours xénophobe et à des tensions sociales accrues.
Implications
Ces manifestations reflètent des tensions structurelles profondes dans l’économie sud-africaine, marquée par un chômage élevé et des inégalités persistantes. La question migratoire est devenue un point de cristallisation de ces frustrations.
Alors que le gouvernement examine sa réponse, la situation constitue un test majeur de sa capacité à concilier préoccupations économiques, cohésion sociale et respect de l’État de droit.







