Le Conseil de sécurité des Nations unies a imposé une nouvelle série de sanctions ciblées contre des individus accusés de soutenir le conflit au Soudan, dans le but de perturber les réseaux opérationnels et logistiques liés aux Forces de soutien rapide.
Les mesures ont été adoptées mardi 28 avril 2026 à l’initiative des États-Unis, du Royaume-Uni et de la France, et comprennent un gel des avoirs à l’échelle mondiale ainsi qu’une interdiction de voyager pour les personnes désignées, tous les États membres étant tenus de faire appliquer ces restrictions.
Au centre des sanctions figure Algoney Hamdan Daglo Musa, identifié comme un acteur clé du réseau international d’approvisionnement en armes des Forces de soutien rapide et frère cadet de leur chef Mohamed Hamdan Dagalo, connu sous le nom de « Hemedti ».
Selon les conclusions de l’ONU, Algoney Daglo a joué un rôle déterminant dans l’acquisition et le transfert d’équipements militaires utilisés dans les opérations des Forces de soutien rapide, contribuant directement à certaines des violations les plus graves, notamment le siège d’El Fasher au Darfour du Nord, où des cas de nettoyage ethnique et de lourdes pertes civiles ont été signalés.
Les sanctions établissent également des liens entre Daglo et plusieurs sociétés écrans, dont Tradive General Trading Co et GSK Advance Company Ltd, soupçonnées d’avoir facilité le transfert clandestin d’armes et de soutien logistique aux unités des Forces de soutien rapide.
Dans une extension des mesures de responsabilisation, le Conseil de sécurité a également sanctionné trois ressortissants colombiens accusés de recruter et de coordonner des combattants étrangers au Soudan : Alvaro Andres Quijano Becerra, Claudia Viviana Oliveros Forero et Mateo Andres Duque Botero.
Les enquêtes de l’ONU indiquent que ces individus ont fourni un appui tactique et technique aux Forces de soutien rapide dans plusieurs régions, notamment Khartoum, Omdurman, le Kordofan et le Darfour, leurs activités incluant des opérations de drones, la formation en artillerie et en infanterie, ainsi que l’entraînement d’enfants soldats, constituant une violation grave du droit international humanitaire.
Des estimations indiquent que des centaines d’anciens militaires colombiens ont été recrutés dans le conflit, renforçant de manière significative les capacités opérationnelles des Forces de soutien rapide.
Ces sanctions interviennent dans un contexte de préoccupations internationales croissantes, après des mesures similaires adoptées en février 2026 visant des responsables des Forces de soutien rapide, dont Abdul Rahim Hamdan Dagalo, pour des violations présumées au Darfour.
Elles coïncident également avec les avertissements de l’ONU décrivant la situation comme la pire crise humanitaire au monde, avec plus de 18 800 morts et environ 10 millions de déplacés depuis le début du conflit en avril 2023.
Un rapport récent du groupe d’experts de l’ONU a mis en lumière une dimension régionale du conflit, évoquant une « connexion libyenne » impliquant le bataillon Subul al-Salam lié à des forces de l’est libyen, accusé de faciliter le transfert de combattants et d’armes vers le Soudan via Kufra.
Dans une déclaration, la mission du Royaume-Uni auprès de l’ONU a indiqué que les sanctions visent à « resserrer l’étau » autour des individus et réseaux profitant de la guerre, en ciblant les circuits financiers et logistiques qui prolongent le conflit.
Les observateurs estiment que si les sanctions ne suffiront pas à elles seules à mettre fin au conflit, elles constituent un effort coordonné pour accroître la pression sur les acteurs clés et réduire les flux de soutien extérieur.
Alors que le conflit entre dans sa quatrième année, les agences humanitaires avertissent que sans une intervention internationale décisive et une mise en œuvre effective, la situation sur le terrain risque de se détériorer davantage.







