Les tensions entre l’Afghanistan et le Pakistan se sont fortement intensifiées après des frappes aériennes pakistanaises contre la capitale Kaboul et la ville de Kandahar dans le sud du pays, marquant une escalade majeure dans le conflit frontalier croissant entre les deux parties.
Des responsables talibans ont déclaré que des avions pakistanais avaient ciblé des zones résidentielles à Kaboul et des infrastructures essentielles à Kandahar, suscitant des inquiétudes croissantes concernant les victimes civiles et l’impact humanitaire alors que les combats entrent dans leur troisième semaine.
Le porte-parole de la police talibane a indiqué que les frappes avaient touché des habitations dans le district 21 de Kaboul, tuant au moins quatre civils et blessant quinze autres.
Dans le sud du pays, les autorités talibanes ont affirmé que les frappes avaient visé des dépôts de carburant appartenant à la compagnie aérienne privée Kam Air à l’aéroport de Kandahar. Selon elles, ces installations fournissent également du carburant aux avions humanitaires opérés par les Nations unies.
L’escalade intervient alors que la situation sécuritaire se détériore rapidement le long de la frontière entre les deux pays, les deux parties échangeant tirs d’artillerie et attaques de drones ces dernières semaines.
Le ministère taliban de la Défense a déclaré avoir lancé des frappes de représailles par drones contre une base militaire pakistanaise dans la ville de Kohat en réponse au bombardement de Kaboul.
Dans un incident distinct, des tirs d’artillerie transfrontaliers dans le district d’Alisher de la province de Khost ont tué quatre membres d’une famille nomade Kochi selon des rapports locaux.
Depuis l’intensification du conflit, les deux parties ont subi d’importantes pertes civiles et militaires.
La mission des Nations unies en Afghanistan a confirmé cinquante-six morts civils dont vingt-quatre enfants, tandis que des sources locales indiquent que le nombre total de victimes civiles dépasse désormais soixante.
Les agences humanitaires estiment qu’environ cent quinze mille personnes ont été déplacées par les combats.
Les deux parties revendiquent également d’importantes pertes chez l’adversaire. Les responsables talibans affirment que plus de trois cent vingt soldats pakistanais ont été tués, tandis que le Pakistan affirme avoir éliminé plus de cinq cent quatre-vingts combattants talibans.
Le ministre pakistanais de la Défense a décrit la situation comme une guerre ouverte, affirmant que les opérations militaires reposent sur des renseignements visant des réseaux militants tels que Tehrik-e-Taliban Pakistan et la branche régionale du groupe État islamique.
Les autorités talibanes rejettent ces accusations et accusent le Pakistan de violer la souveraineté afghane.
Dans ce contexte de tensions croissantes, la Chine tente de jouer un rôle de médiateur entre les deux parties. Des contacts diplomatiques auraient été engagés afin de réduire les frappes transfrontalières.
Ces efforts auraient permis une brève pause dans les hostilités plus tôt dans la semaine, mais la récente vague de frappes suggère que les tentatives de médiation n’ont pas encore abouti à une désescalade durable.
Les organisations internationales avertissent que la poursuite des combats pourrait perturber les opérations humanitaires dans un pays où des millions de personnes dépendent de l’aide internationale.
Les analystes estiment que la poursuite du conflit entre l’Afghanistan et le Pakistan pourrait accentuer l’instabilité en Asie du Sud à un moment où les tensions géopolitiques augmentent déjà dans plusieurs régions du monde.







