Une travailleuse humanitaire française employée par le Fonds des Nations unies pour l’enfance a été tuée tôt mercredi lorsqu’un drone de combat a frappé un immeuble résidentiel dans la ville de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo, marquant une nouvelle escalade dans un conflit qui a déjà déplacé des millions de personnes dans la région.
Le président français Emmanuel Macron a confirmé l’identité de la victime dans un message publié sur la plateforme X, indiquant qu’il s’agissait de Karine Buisset, une ressortissante française travaillant pour le Fonds des Nations unies pour l’enfance. Macron a condamné l’attaque et appelé à une enquête complète sur les circonstances de la frappe.
Selon les autorités locales et des témoignages sur place, un drone de combat a frappé un immeuble résidentiel dans le centre de Goma aux premières heures de mercredi. Le bâtiment se trouve près de la résidence de l’ancien président congolais Joseph Kabila.
Des images vidéo provenant du lieu de l’attaque montrent d’importants dégâts structurels, notamment un toit partiellement effondré et des traces visibles d’incendie. Les premiers rapports suggèrent que jusqu’à trois personnes pourraient avoir été tuées lors de la frappe, bien qu’un seul corps ait été confirmé de manière indépendante jusqu’à présent.
La ville de Goma est sous le contrôle du mouvement rebelle du 23 mars depuis janvier de l’année précédente à la suite d’une offensive majeure dans l’est du Congo.
La responsabilité de la frappe de drone reste contestée.
Le porte-parole du mouvement du 23 mars, Lawrence Kanyuka, a accusé le gouvernement congolais et ses forces armées d’avoir mené ce qu’il a qualifié d’« acte terroriste » visant du personnel humanitaire international.
Le gouvernement de Kinshasa n’a pas encore publié de déclaration officielle concernant cette frappe spécifique. Cependant, des responsables militaires congolais ont récemment déclaré avoir abattu deux drones rwandais dans la province du Sud-Kivu, affirmant que les appareils avaient violé l’accord régional de cessez-le-feu connu sous le nom de processus de Luanda.
Au sein de la mission de maintien de la paix des Nations unies en République démocratique du Congo, des experts techniques ont exprimé des incertitudes quant à l’origine du drone. Certains analystes soulignent que la portée opérationnelle et la logistique nécessaires à une telle frappe soulèvent des questions sur le lieu de lancement de l’appareil.
Bien que des spéculations aient circulé concernant un éventuel lancement depuis des zones voisines ou la possibilité d’une opération de désinformation, les responsables soulignent que ces évaluations restent préliminaires et non vérifiées en attendant une enquête officielle.
La mort de l’employée de l’organisation des Nations unies souligne les risques croissants auxquels sont confrontés les travailleurs humanitaires opérant dans l’est du Congo.
Selon des agences humanitaires, au moins douze travailleurs humanitaires ont été tués en République démocratique du Congo depuis le début de l’année, soulignant la détérioration de l’environnement sécuritaire dans la région.
La crise actuelle s’est intensifiée après une frappe de drone en février qui a tué le porte-parole du mouvement du 23 mars Willy Ngoma, un incident qui a contribué à l’effondrement des efforts fragiles de cessez-le-feu menés par l’Angola et le Kenya.
L’est du Congo fait désormais face à l’une des plus grandes crises de déplacement au monde.
Les organisations humanitaires estiment que plus de sept millions de personnes sont actuellement déplacées dans le pays alors que les combats se poursuivent entre les forces gouvernementales, les groupes rebelles et diverses milices.
Les agences d’aide avertissent que l’escalade continue, en particulier l’utilisation de drones et d’autres systèmes d’armes avancés dans des zones urbaines densément peuplées, pourrait mettre davantage en danger les civils et les opérations humanitaires dans la région.
Une enquête sur l’origine de la frappe de drone devrait impliquer les autorités congolaises et des partenaires internationaux, avec une possible attention du Conseil de sécurité des Nations unies dans les prochains jours.







