Canberra — Le gouvernement australien a élargi sa réponse militaire et humanitaire face à l’escalade au Moyen-Orient après le déclenchement de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran.
Le Premier ministre Anthony Albanese et le ministre de la Défense Richard Marles ont confirmé que l’Australie déploiera un avion de surveillance militaire ainsi que du personnel dans la région du Golfe afin de protéger les citoyens australiens et de soutenir la stabilité régionale.
Le gouvernement a annoncé qu’un avion de veille et de contrôle aéroporté E-7A Wedgetail de la Royal Australian Air Force sera déployé aux Émirats arabes unis pour une mission initiale de quatre semaines.
Cet appareil est conçu pour la surveillance aérienne à longue portée et la coordination de l’espace aérien, fournissant une alerte précoce sur les lancements de missiles, les mouvements d’aéronefs et l’activité de drones.
Environ 85 membres des Forces de défense australiennes accompagneront l’avion pour exploiter et entretenir le système.
Les autorités ont indiqué que ce déploiement vise principalement à protéger environ 115 000 Australiens actuellement présents au Moyen-Orient, alors que plusieurs pays de la région sont touchés par l’expansion du conflit régional.
En complément du déploiement de l’appareil, l’Australie fournira également aux Émirats arabes unis des missiles air-air à moyenne portée avancés (AMRAAM). Selon les autorités, ces missiles sont destinés exclusivement à un usage défensif pour intercepter des roquettes et des drones entrants.
Anthony Albanese a souligné lors d’un point de presse à Canberra que cette décision ne signifie pas une participation directe de l’Australie à la guerre.
« Nous ne menons aucune action offensive contre l’Iran et nous ne déployons pas de troupes australiennes au sol en Iran », a-t-il déclaré.
Dans un développement distinct lié aux tensions régionales, l’Australie a accordé des visas humanitaires à cinq membres de l’équipe nationale féminine iranienne de football.
Les joueuses étaient venues en Australie pour participer à la Coupe d’Asie féminine 2026 organisée dans l’État du Queensland, mais elles ont demandé protection après avoir organisé une protestation silencieuse avant un match.
La capitaine de l’équipe Zahra Ghanbari et quatre coéquipières ont refusé de chanter l’hymne national iranien avant leur rencontre contre la Corée du Sud, un geste largement interprété comme une expression de dissidence politique dans le contexte de la guerre.
Les médias d’État iraniens auraient qualifié cet acte de « trahison en temps de guerre », suscitant chez les joueuses la crainte de poursuites ou de représailles si elles retournaient en Iran.
Le ministre australien de l’Intérieur Tony Burke a confirmé que les athlètes avaient été transférées dans un lieu sécurisé en Australie pendant le traitement de leurs demandes de protection.
Il a également indiqué que l’offre de protection reste ouverte à d’autres membres de l’équipe qui pourraient décider de ne pas rentrer en Iran après le tournoi.
Ces développements interviennent alors que la guerre régionale s’est élargie après les frappes coordonnées du 28 février visant des infrastructures nucléaires et militaires iraniennes.
Selon des briefings présentés au Conseil de sécurité des Nations unies et des analyses du service de recherche du Parlement britannique, le conflit a débuté lorsque les États-Unis et Israël ont lancé des opérations militaires à grande échelle contre des sites en Iran.
L’Iran a depuis répondu par des attaques de missiles et de drones à travers la région.
Des responsables aux Émirats arabes unis affirment que leurs systèmes de défense aérienne ont intercepté plus de 1 500 roquettes et drones depuis le début des hostilités.
La crise a également déclenché un effort consulaire important de la part du ministère australien des Affaires étrangères et du Commerce pour évacuer ses ressortissants de la région.
Le ministère indique avoir aidé environ 2 600 Australiens à quitter le Moyen-Orient par des vols commerciaux et affrétés depuis l’intensification du conflit.
Cependant, des dizaines de milliers d’Australiens restent encore dans la région, tandis que les autorités continuent de surveiller la situation sécuritaire et de coordonner d’autres départs assistés si nécessaire.
Les responsables gouvernementaux affirment que le déploiement du Wedgetail et les démarches diplomatiques s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à protéger les citoyens à l’étranger tout en évitant une escalade militaire directe.







