Le conflit sur les fronts sud et est du Liban s’est fortement intensifié avec l’extension des opérations militaires israéliennes vers des zones centrales de Beyrouth, signalant un changement tactique vers des frappes ciblées et des objectifs territoriaux plus larges.
Aux premières heures de la matinée, une importante frappe aérienne a touché le Comfort Hotel dans le quartier Brasilia, situé entre Hazmieh et Baabda, à environ deux kilomètres du palais présidentiel libanais.
Contrairement aux attaques précédentes concentrées dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, la frappe s’est produite sans avertissement préalable dans un quartier résidentiel densément peuplé. Des analystes de sécurité estiment que l’absence d’alerte d’évacuation pourrait indiquer une tentative d’assassinat d’une cible de grande valeur.
L’armée israélienne n’a pas identifié publiquement la cible. Cependant, le quartier accueille des personnalités diplomatiques et politiques, alimentant les spéculations selon lesquelles un haut responsable ou un agent étranger pourrait avoir été visé.
Les premiers bilans font état d’au moins 11 morts et de dizaines de blessés lors de frappes nocturnes multiples, tandis que des immeubles résidentiels de l’est de Beyrouth ont également subi des dégâts.
Dans une nouvelle escalade, l’armée israélienne a lancé un ultimatum sans précédent à ce qu’elle décrit comme des représentants du gouvernement iranien opérant au Liban.
Par l’intermédiaire de son porte-parole militaire Avichay Adraee, les autorités israéliennes ont averti que les responsables iraniens disposaient de 24 heures pour quitter le territoire libanais sous peine d’être pris pour cible, déclarant qu’aucun endroit ne serait sûr pour eux après ce délai.
Cette déclaration a suscité des critiques immédiates à l’échelle internationale. Human Rights Watch a averti que cibler des responsables gouvernementaux ne participant pas directement aux hostilités pourrait constituer une violation du droit international humanitaire.
L’avertissement intervient après des informations publiées plus tôt dans la semaine faisant état de la mort de Dawood Ali Zadeh, présenté comme un commandant de haut rang de la force Qods iranienne, à Téhéran. Israël n’a pas revendiqué officiellement cette opération, mais la succession des événements a accru les tensions régionales.
L’impact humanitaire du conflit s’aggrave rapidement à mesure que les combats s’étendent.
Les forces israéliennes ont émis de nouveaux ordres d’évacuation visant le quartier de Haret Hreik à Beyrouth ainsi que 29 autres localités du sud du Liban, portant à plus de 80 le nombre total de communautés libanaises appelées à évacuer depuis la reprise des hostilités.
L’armée israélienne a indiqué que ces mesures visaient à établir une zone tampon plus large le long de la frontière libanaise. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu aurait ordonné aux forces de s’emparer de positions stratégiques en altitude à l’intérieur du territoire libanais dans le cadre d’objectifs militaires plus vastes.
Selon les estimations des Nations unies, plus de 30 000 personnes ont été déplacées au cours des 72 dernières heures. Des écoles de Beyrouth ont été transformées en abris temporaires tandis que les principales routes, dont l’autoroute côtière passant par Saïda, restent saturées par des civils fuyant les combats.
Le Hezbollah a intensifié ses tirs de roquettes vers le nord d’Israël, visant des zones proches de Metulla et, selon des informations, la base navale de Haïfa. Les défenses aériennes israéliennes ont intercepté la majorité des projectiles, aucune victime n’ayant été confirmée du côté israélien au cours des dernières 24 heures.
Au Liban, des chiffres préliminaires des autorités sanitaires locales indiquent que plus de 52 personnes ont été tuées et plus de 150 blessées au cours de la même période.
Le Hezbollah a déclaré ce qu’il décrit comme une guerre ouverte, affirmant que son respect du cessez-le-feu pendant un an avait pris fin après les informations sur la mort du guide suprême iranien. Le mouvement a promis une riposte soutenue, faisant craindre un élargissement du conflit à l’échelle régionale.
Des analystes militaires estiment que le recours accru aux frappes urbaines, aux évacuations massives et aux ultimatums politiques marque une évolution significative de la stratégie israélienne. L’association de frappes ciblées, de l’élargissement de zones tampons et des échanges de tirs transfrontaliers suggère que la confrontation dépasse désormais la simple riposte pour devenir une campagne militaire prolongée à objectifs territoriaux stratégiques.
Les efforts diplomatiques internationaux s’intensifient, mais avec l’ouverture de multiples fronts, le risque d’une escalade supplémentaire demeure élevé.







