Les tensions entre le Pakistan et l’Afghanistan se sont fortement intensifiées dimanche à la suite de frappes aériennes nocturnes ayant fait près de 20 morts et menaçant de faire voler en éclats un cessez-le-feu fragile négocié à la fin de l’année dernière.
Des Frappes Aériennes Font des Victimes Civiles
Dans la nuit de samedi à dimanche (21–22 février), l’armée de l’air pakistanaise a mené ce que les autorités ont qualifié d’« opérations sélectives fondées sur le renseignement » en profondeur sur le territoire afghan.
Les autorités afghanes dans la province de Nangarhar ont confirmé qu’au moins 17 personnes ont été tuées dans le district de Behsud seulement, dont 11 enfants. Des responsables locaux ont indiqué que des familles entières ont été ensevelies sous les décombres de maisons résidentielles frappées lors des bombardements.
Des frappes ont également été signalées dans les districts de Khogyani et Ghani Khil à Nangarhar, ainsi que dans le district de Barmal, dans la province de Paktika, selon des sources afghanes.
La Justification d’Islamabad
Le ministère pakistanais de l’Information a déclaré que les opérations visaient sept camps prétendument appartenant au Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP) et à l’État islamique – Province du Khorasan (EI-K). Islamabad affirme que ces groupes sont à l’origine d’une vague d’attaques au Pakistan ce mois-ci.
Parmi les incidents cités par les autorités pakistanaises figure l’attentat-suicide du 6 février à la mosquée Khadija Tul Kubra à Islamabad, qui a fait 31 morts pendant la prière. Les autorités ont attribué l’attaque à des militants de l’EI-K.
Escalade de la Violence en Février
Les frappes interviennent dans un contexte de recrudescence des violences militantes au Pakistan au cours des deux dernières semaines :
6 février : L’EI-K a revendiqué un attentat-suicide contre une mosquée chiite à Islamabad, tuant 31 fidèles.
16 février : Un kamikaze a visé un poste de sécurité à Bajaur, tuant 11 soldats et un enfant. Les autorités pakistanaises ont identifié l’assaillant comme un ressortissant afghan.
21 février : Quelques heures avant les frappes transfrontalières, un kamikaze a frappé un convoi militaire à Bannu, tuant deux soldats, dont un lieutenant-colonel.
Les autorités pakistanaises soutiennent que ces attaques démontrent l’utilisation continue du territoire afghan par des groupes militants visant le Pakistan.
Réponse de Kaboul
Le ministère afghan de la Défense a condamné les frappes comme une « violation flagrante de la souveraineté nationale » et du droit international. Kaboul a accusé le Pakistan de ne pas résoudre ses propres défis sécuritaires et de cibler à la place des civils afghans.
Dans un communiqué ferme, les responsables afghans ont averti d’une « réponse mesurée et appropriée » à un « moment opportun », suscitant des inquiétudes quant à une nouvelle escalade transfrontalière.
L’affrontement remet également en question la solidité de l’Accord de Doha de 2020, en vertu duquel les talibans s’étaient engagés à empêcher l’utilisation du sol afghan pour des attaques contre d’autres pays. Le Pakistan a appelé la communauté internationale à intervenir, estimant que Kaboul ne respecte pas ses engagements.
Un Cessez-le-feu Menacé
Les dernières frappes mettent effectivement à mal le cessez-le-feu parrainé par le Qatar en place depuis octobre 2025 après de précédents affrontements frontaliers. Les analystes avertissent qu’une escalade réciproque prolongée pourrait déstabiliser une région frontalière déjà volatile et compliquer les efforts diplomatiques visant à apaiser les tensions.
Contexte Mondial Plus Large
Cette flambée de violence survient dans un climat international turbulent au début de 2026. À Washington, le « Board of Peace » nouvellement formé par le président Donald Trump s’est réuni cette semaine pour discuter d’un cadre de reconstruction de 17 milliards de dollars pour Gaza, bien que plusieurs pays aient exprimé leur scepticisme quant à l’ampleur et à la clarté du plan.
Par ailleurs, à la suite d’un revers devant la Cour suprême, le président Trump a annoncé son intention d’imposer un tarif mondial de 15 pour cent à partir du mois prochain, signalant d’éventuelles perturbations des flux commerciaux internationaux.
En Europe de l’Est, la guerre entre la Russie et l’Ukraine est entrée dans son 1 458e jour, avec des informations indiquant que la Russie transforme les zones occupées du Donbass en ce que des observateurs décrivent comme un vaste centre militaire.
Ensemble, ces développements illustrent une période de tensions géopolitiques croissantes, la crise entre le Pakistan et l’Afghanistan apparaissant comme le dernier point de friction dans un paysage sécuritaire mondial de plus en plus fragmenté.







