Des attaques coordonnées contre deux bases militaires dans l’État de Borno, dans le nord-est du Nigeria, ont fait plusieurs soldats présumés morts, selon des sources sécuritaires, soulignant la persistance de la menace insurgée près de 18 ans après le début du conflit.
Les assauts, survenus entre samedi et dimanche, ont visé des positions militaires à Pulka et Mandagairo, des points stratégiques dans la lutte contre Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP).
Versions contradictoires
L’armée nigériane a déclaré avoir repoussé les assaillants et infligé de lourdes pertes, qualifiant l’opération de « Waterloo » pour les insurgés et affirmant n’avoir enregistré aucune perte dans ses rangs.
Des sources locales de sécurité et des habitants ont toutefois indiqué qu’un nombre indéterminé de soldats avaient été tués, sans qu’un bilan indépendant puisse être établi.
Des responsables militaires ont confirmé la mort d’Abua Isisha, présenté comme un commandant important du groupe armé.
Un conflit prolongé
L’État de Borno demeure l’épicentre d’une insurrection qui a fait des dizaines de milliers de morts et déplacé des millions de personnes. Malgré les déclarations officielles affirmant que les groupes armés ont été affaiblis, les attaques contre des bases militaires et des villages se poursuivent.
Selon des analystes, les insurgés se déplacent souvent en groupes importants à moto et en véhicules armés, utilisant des fusils d’assaut et des armes lourdes pour attaquer des postes isolés. Des villages sont également incendiés, aggravant la crise humanitaire.
Risque d’extension
Des experts estiment que la violence pourrait s’étendre davantage, les factions insurgées renforçant leur coopération avec des groupes armés opérant dans le centre-nord et le nord-ouest du pays.
Plus de 160 personnes ont été tuées plus tôt ce mois-ci dans une attaque dans le Borno, selon des responsables locaux, tandis que l’État du Niger a signalé au moins 30 morts lors d’une autre attaque samedi.
Confiance publique fragilisée
Ces événements surviennent malgré un partenariat militaire renforcé entre le Nigeria et les États-Unis, incluant un appui consultatif et des livraisons d’armes accrues.
La confiance du public dans la capacité du gouvernement à mettre fin au conflit reste faible. Des journalistes et des habitants affirment que certaines attaques en zones reculées ne sont pas signalées en raison du manque d’accès aux télécommunications.
À l’approche de la dix-huitième année du conflit, les attaques de Pulka et Mandagairo illustrent la résilience des réseaux insurgés et l’insécurité persistante dans l’État de Borno.







