Les agences humanitaires ont averti samedi que Gaza et le Liban demeurent dans une situation critique, alors que des cessez-le-feu fragiles sont de plus en plus mis à mal par la reprise des activités militaires, exposant les civils et freinant les efforts de reconstruction.
Gaza : un bilan en hausse malgré la trêve
Un cessez-le-feu conclu le 10 octobre 2025 est soumis à de fortes tensions. Des sources médicales des hôpitaux Nasser et Al-Shifa ont indiqué qu’au moins neuf Palestiniens avaient été tués vendredi lors de nouvelles frappes.
Le bureau des médias du gouvernement à Gaza affirme avoir recensé plus de 1.600 violations de la trêve depuis son entrée en vigueur. Le nombre total de morts à Gaza depuis octobre 2023 dépasse 72.000, selon les autorités sanitaires locales, dont plus de 600 victimes durant la période actuelle de cessez-le-feu.
Des analyses satellitaires du Centre satellitaire des Nations unies (UNOSAT) indiquent que plus de 90 % des infrastructures de Gaza ont été endommagées. Les responsables de l’ONU estiment que les coûts de reconstruction dépasseront 70 milliards de dollars.
Des organisations humanitaires indiquent que l’insécurité persistante entrave les opérations d’aide. Médecins Sans Frontières (MSF) a annoncé la suspension de certaines activités, notamment à l’hôpital Nasser, en raison de la présence de personnel armé.
Liban : violations persistantes de la trêve
Au Liban, le cessez-le-feu instauré en novembre 2024 n’a pas permis de mettre fin aux hostilités le long de la frontière sud.
Le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) a indiqué que janvier 2026 avait enregistré la plus forte hausse mensuelle de frappes israéliennes depuis le début de la trêve. Le 15 février, l’armée israélienne a confirmé des frappes visant des entrepôts dans le sud du Liban, évoquant des armes et des roquettes du Hezbollah.
Les bureaux des droits de l’homme de l’ONU ont vérifié au moins 108 victimes civiles au Liban depuis novembre 2024, dont 21 femmes et 16 enfants.
Environ 64.000 civils libanais demeurent déplacés et ne peuvent regagner leurs habitations proches de la frontière en raison de préoccupations sécuritaires et de dégâts matériels importants.
La Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) a recensé des milliers de violations aériennes et terrestres de la Ligne bleue, dénonçant un « mépris total » du cessez-le-feu.
Réactions internationales
Lors du 39e sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba, le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, a appelé à un arrêt immédiat de ce qu’il a qualifié d’« extermination » des Palestiniens et mis en garde contre les répercussions au Liban.
La rapporteuse spéciale de l’ONU Francesca Albanese fait par ailleurs face à des appels à la démission de plusieurs pays occidentaux, dont la France et l’Allemagne, tout en recevant le soutien de plus de 100 artistes internationaux et de plusieurs États membres de l’ONU.
Perspectives
Les agences humanitaires estiment que les violations répétées des cessez-le-feu et les restrictions d’accès humanitaire risquent d’entraîner une nouvelle escalade à Gaza et dans le sud du Liban.
Sans engagement diplomatique immédiat et garanties renforcées pour la protection des civils, des millions de personnes pourraient rester exposées à la violence, aux déplacements et à l’aggravation des conditions humanitaires, ont indiqué des responsables onusiens.







