đ«đ· La mort dâun Ă©tudiant dĂ©clenche une crise nationale Ă lâuniversitĂ© Cheikh Anta Diop
Dakar, SĂ©nĂ©gal â 11 fĂ©vrier 2026
La tension reste vive Ă lâUniversitĂ© Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar aprĂšs la mort dâAbdoulaye Ba, Ă©tudiant en deuxiĂšme annĂ©e de chirurgie dentaire, dans un incident qui a dĂ©clenchĂ© de larges troubles et placĂ© une forte pression politique sur lâadministration du prĂ©sident Bassirou Diomaye Faye.
Le dĂ©cĂšs, survenu le lundi 9 fĂ©vrier, a provoquĂ© un face-Ă -face entre organisations Ă©tudiantes et autoritĂ©s, avec des manifestations sâĂ©tendant au-delĂ de la capitale vers plusieurs universitĂ©s rĂ©gionales.
Circonstances contestées
Les autorités ont évoqué des « événements graves » sans publier la cause officielle du décÚs.
Les syndicats Ă©tudiants et des reprĂ©sentants de la FacultĂ© de mĂ©decine ont avancĂ© des versions plus dĂ©taillĂ©es â mais contestĂ©es. Selon lâassociation des Ă©tudiants de la facultĂ©, Abdoulaye Ba aurait subi des blessures mortelles Ă la tĂȘte et une importante perte de sang. Lâassociation affirme quâil ne participait pas aux manifestations liĂ©es aux retards de bourses, mais quâil aurait Ă©tĂ© agressĂ© par les forces de sĂ©curitĂ© intervenues dans sa chambre universitaire pour disperser des manifestants.
Certains collectifs étudiants ont qualifié les faits de « torture », des allégations qui restent non vérifiées.
Le ministre de lâIntĂ©rieur, Mouhamadou Bamba Cisse, a reconnu que des « actes de violence » ont eu lieu lors des affrontements, y compris de la part des forces de sĂ©curitĂ©, quâil a dĂ©clarĂ© « ne pas pouvoir cautionner ». Une enquĂȘte officielle a Ă©tĂ© ouverte.
Fermeture du campus et arrestations
Les autoritĂ©s ont pris des mesures sĂ©curitaires dâenvergure.
Les rĂ©sidences et restaurants universitaires de lâUCAD ont Ă©tĂ© fermĂ©s pour une durĂ©e indĂ©terminĂ©e dĂšs mardi, entraĂźnant le dĂ©placement de milliers dâĂ©tudiants. Nombre dâentre eux viennent de rĂ©gions Ă©loignĂ©es, notamment Tambacounda et la Casamance, et affirment ne pas disposer des moyens financiers pour rentrer.
Des étudiants ont été vus devant les grilles du campus avec leurs effets personnels, expliquant que les retards de bourses les ont laissés sans ressources pour se nourrir ou se déplacer.
La police a confirmĂ© lâarrestation dâau moins 105 Ă©tudiants, actuellement dĂ©tenus au commissariat central de Dakar. Les autoritĂ©s ont Ă©galement fait Ă©tat de 48 blessĂ©s parmi les forces de lâordre. Les organisations Ă©tudiantes nâont pas publiĂ© de bilan confirmĂ© des blessĂ©s cĂŽtĂ© Ă©tudiants.
Pressions économiques et enjeu politique
La crise intervient dans un contexte économique tendu.
Les manifestations ont été déclenchées par des retards de bourses mensuelles comprises entre 20 000 et 60 000 francs CFA, sur lesquelles de nombreux étudiants comptent pour leurs dépenses essentielles. Le gouvernement ferait face à un déficit budgétaire estimé à 13 milliards de dollars, compliquant le respect de ses engagements financiers.
Pour le prĂ©sident Faye, Ă©lu en 2024 avec un fort soutien des jeunes, cette crise constitue un test politique majeur. La gestion des revendications Ă©conomiques et de lâenquĂȘte sur le dĂ©cĂšs de Ba devrait influencer la perception publique de la responsabilitĂ© gouvernementale.
Des manifestations ont Ă©tĂ© signalĂ©es Ă Saint-Louis, ThiĂšs, Ziguinchor et Bambey, traduisant un mĂ©contentement Ă©tudiant Ă lâĂ©chelle nationale.
EnquĂȘte en cours
Au 11 fĂ©vrier, la cause officielle du dĂ©cĂšs dâAbdoulaye Ba nâa pas Ă©tĂ© communiquĂ©e.
Les conclusions de lâenquĂȘte pourraient soit apaiser les tensions par le dialogue, soit provoquer une aggravation de la crise.
Pour lâheure, lâUCAD reste paralysĂ©e, ses activitĂ©s acadĂ©miques et rĂ©sidentielles suspendues, alors que les Ă©tudiants rĂ©clament justice, transparence financiĂšre et garanties de sĂ©curitĂ©.







