Des milliers de Libyens se sont rassemblés vendredi pour assister aux funérailles de Seif al-Islam Kadhafi, fils de l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, quelques jours après sa mort lors d’une attaque armée qui a provoqué une onde de choc dans le paysage politique déjà fragile du pays.
La cérémonie funéraire s’est tenue à Bani Walid, bastion historique des partisans de Kadhafi et de la tribu Warfalla. Les participants ont porté le cercueil à travers les rues en brandissant des drapeaux verts unis, emblème national de la Libye sous le régime de Mouammar Kadhafi entre 1977 et 2011. De nombreux participants ont décrit Seif al-Islam comme un symbole de réconciliation et une figure potentiellement rassembleuse dans un pays profondément divisé.
Assassinat à Zintan
Selon des déclarations officielles du bureau du procureur général libyen, Seif al-Islam Kadhafi a été tué le mardi 3 février 2026 à son domicile dans la ville de Zintan, située à environ 136 kilomètres au sud-ouest de Tripoli.
Son équipe politique et son avocat, Khaled al-Zaidi, ont indiqué que quatre hommes armés et masqués ont pris d’assaut la maison vers midi, désactivé les caméras de surveillance et engagé ce qui a été décrit comme une « confrontation armée directe ». Seif al-Islam a été mortellement touché par balle lors de l’attaque.
Le parquet libyen a confirmé que les examens médico-légaux ont établi que la mort était due à des blessures par balles et a annoncé l’ouverture d’une enquête pénale afin d’identifier les auteurs.
Condamnations internationales
L’assassinat a suscité de vives condamnations de la part d’organisations internationales et régionales.
La Mission d’appui des Nations unies en Libye a exprimé sa « profonde consternation », qualifiant l’assassinat d’acte de violence ciblé portant atteinte à l’État de droit et menaçant la stabilité du pays.
L’Union africaine a également condamné l’attaque. Le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, a appelé à une enquête rapide et transparente, avertissant que la violence politique pourrait compromettre les efforts de paix.
Des organisations de défense des droits humains, dont Human Rights Watch et DAWN, ont souligné que la mort de Seif al-Islam met fin à toute possibilité de poursuites judiciaires liées au mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale pour des crimes contre l’humanité présumés lors du soulèvement de 2011.
Un moment politique fragile
Figure controversée depuis la chute de son père, Seif al-Islam Kadhafi conservait néanmoins le soutien d’une partie de la population. Il s’était inscrit comme candidat à l’élection présidentielle libyenne reportée de 2021, se présentant comme une alternative nationaliste dans un contexte de blocage politique prolongé.
La Libye demeure divisée entre le Gouvernement d’unité nationale soutenu par l’ONU à Tripoli et le Gouvernement de stabilité nationale basé à l’est du pays. Des responsables des deux camps, dont le président du Conseil présidentiel Mohamed al-Menfi, ont appelé au calme, avertissant que l’assassinat pourrait raviver les tensions et compromettre les efforts de réconciliation nationale.
Alors que l’enquête se poursuit, les analystes estiment que la mort de Seif al-Islam Kadhafi risque d’accentuer les divisions à un moment critique où la Libye peine à avancer vers des élections et une stabilité durable.







