Des organisations médicales et de défense des droits humains ont condamné une attaque meurtrière contre l’hôpital militaire d’Al-Kuweik, également connu sous le nom de Kouik, dans l’État du Kordofan du Sud, la qualifiant de possible crime de guerre dans un contexte de conflit en pleine intensification.
L’attaque, survenue le 5 février, a fait au moins 22 morts, dont le directeur de l’hôpital et quatre infirmières, selon Anadolu Agency, Sudan Tribune et la Société Radio-Canada. Huit autres personnes ont été blessées, plusieurs grièvement.
Une frappe par drone ou des bombardements présumés
Le Réseau des médecins du Soudan et l’Association médicale soudanaise ont accusé les Forces de soutien rapide, un groupe paramilitaire, d’être responsables de l’attaque, affirmant que l’hôpital a été touché par des frappes de drones ou des bombardements intensifs dans le cadre d’une offensive militaire plus large dans la région.
Cette attaque est survenue seulement 24 heures après une frappe similaire contre un centre de santé dans la ville voisine de Kadugli, où 15 personnes ont été tuées, dont sept enfants, renforçant les accusations de ciblage systématique des structures médicales.
« Violation flagrante du droit international »
Dans un communiqué publié après l’attaque, le Réseau des médecins du Soudan a qualifié le bombardement de crime de guerre et de violation flagrante du droit international humanitaire, qui interdit explicitement les attaques contre le personnel médical et les infrastructures de santé.
Les frappes répétées ont contraint plusieurs hôpitaux du Kordofan du Sud à suspendre leurs activités, privant de larges populations civiles de soins d’urgence, de chirurgie et de services médicaux de base.
Une urgence humanitaire croissante
La destruction des infrastructures sanitaires aggrave une situation humanitaire déjà catastrophique. Les Nations unies et le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire ont averti que des conditions proches de la famine émergent au Kordofan du Sud en raison de sièges prolongés, de déplacements massifs et de l’effondrement des services essentiels.
Les organisations humanitaires signalent de graves restrictions dans l’accès à la nourriture, à l’eau potable et aux fournitures médicales, en particulier autour de Kadugli et de Dilling, où les combats restent intenses.
Un front stratégique de la guerre au Soudan
Le Kordofan du Sud est devenu l’un des fronts les plus critiques de la guerre civile soudanaise, alors que les Forces armées soudanaises tentent de briser les sièges imposés de longue date par les Forces de soutien rapide sur plusieurs villes majeures. Les civils restent pris au piège entre les forces en progression, avec peu de possibilités de fuite ou d’assistance humanitaire.
Appels internationaux à l’action
Des organisations médicales internationales ont exhorté les Nations unies et les grandes puissances à agir immédiatement pour protéger ce qu’il reste du système de santé soudanais. Depuis le début de la guerre en avril 2023, l’Organisation mondiale de la santé a recensé des centaines d’attaques contre des établissements de santé au Soudan, faisant du pays l’un des plus dangereux au monde pour les travailleurs médicaux.
Malgré des avertissements répétés, l’absence de responsabilité pour les attaques contre les infrastructures civiles suscite des craintes quant à la poursuite de ces violations.







