Le cessez-le-feu entre Israël et le Liban, conclu en novembre 2024 après des mois d’affrontements transfrontaliers, est soumis à de fortes tensions, alors que des agences humanitaires, des responsables des Nations unies et les autorités libanaises avertissent que l’accord perd progressivement son efficacité en raison d’une nette escalade militaire.
Des données officielles publiées cette semaine font état d’une forte augmentation des opérations aériennes israéliennes, d’un impact croissant sur les civils et de nouvelles accusations de violations environnementales, suscitant la crainte que la trêve n’existe plus que de nom.
Forte hausse des frappes aériennes israéliennes
Selon un rapport publié le 5 février par le Conseil norvégien pour les réfugiés, les frappes aériennes israéliennes ont atteint en janvier 2026 leur niveau mensuel le plus élevé מאז l’entrée en vigueur du cessez-le-feu. Au moins 87 frappes ont été recensées, soit plus du double des 41 enregistrées en décembre 2025.
Des données du centre de recherche Alma et d’Atlas Assistance indiquent qu’environ la moitié des frappes de janvier ont eu lieu au nord du fleuve Litani, une zone censée être largement épargnée par les hostilités selon les termes de l’accord.
Israël affirme viser les tentatives du Hezbollah de reconstituer ses capacités militaires. Les organisations humanitaires signalent toutefois de lourdes conséquences pour les civils, notamment dans les villages du sud du Liban tels que Kfar Tebnit, Aïn Qana et Qennarit, où des habitations ont été détruites, des familles déplacées et des écoles — parfois récemment réhabilitées — endommagées ou rendues inutilisables.
Accusations environnementales et sanitaires
Les tensions se sont encore aggravées après des informations faisant état de pulvérisations aériennes d’une substance non identifiée par des avions israéliens au-dessus de zones frontalières du sud du Liban les 1er et 2 février.
Le président libanais Joseph Aoun a dénoncé un « crime environnemental et sanitaire », tandis que le ministère des Affaires étrangères a annoncé préparer une plainte officielle auprès du Conseil de sécurité de l’ONU.
La Force intérimaire des Nations unies au Liban a qualifié l’activité d’« inacceptable », indiquant que les Casques bleus ont dû rester à l’abri pendant plus de neuf heures et n’ont pas pu effectuer de patrouilles. Bien que l’armée israélienne ait affirmé que la substance était un « produit chimique non toxique », la mission onusienne a confirmé qu’elle aide les autorités libanaises à analyser des échantillons.
Les termes du cessez-le-feu sous pression
L’accord de novembre 2024 prévoyait l’arrêt mutuel des hostilités, le retrait des forces du Hezbollah au nord du Litani et le retrait complet des forces israéliennes du sud du Liban.
Bien que la date limite de retrait ait été repoussée au 18 février 2026, les autorités libanaises indiquent que des forces israéliennes sont toujours présentes sur cinq positions stratégiques frontalières.
Selon l’Agence nationale d’information libanaise et des sources gouvernementales, Israël a commis plus de 7 000 violations de l’espace aérien et mené plus de 2 400 activités militaires dans la zone d’opérations de la FINUL מאז le début du cessez-le-feu.
Les Forces de défense israéliennes estiment que ces actions répondent aux tentatives persistantes du Hezbollah de reconstruire son infrastructure militaire, ce qu’Israël considère comme une violation fondamentale de l’accord.
Bilan humain et déplacements
Les conséquences humanitaires continuent de s’aggraver. Depuis novembre 2024, entre 330 et 360 personnes ont été tuées par des tirs israéliens au Liban, dont au moins 127 civils, selon des sources libanaises et humanitaires.
Environ 64 000 civils restent déplacés, incapables de regagner leurs foyers en raison des frappes continues, des munitions non explosées et des craintes de contamination chimique dans les zones agricoles.
Inquiétude internationale croissante
Les responsables de l’ONU et les organisations humanitaires avertissent que la poursuite des violations risque de provoquer l’effondrement total du cessez-le-feu et de déstabiliser davantage le sud du Liban.
À l’approche de la date limite de retrait et face à l’intensification des activités militaires, des diplomates craignent que l’accord ne remplisse plus son rôle de mécanisme efficace pour empêcher une reprise du conflit à grande échelle le long de la frontière israélo-libanaise.







