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La deuxième phase du plan de paix pour Gaza négocié par Trump vacille face à la hausse des morts et à la crise humanitaire

Le plan de paix pour Gaza négocié par Donald Trump est entré mardi dans sa phase la plus critique, alors que l’escalade des violences, la paralysie humanitaire et l’impasse politique rapprochent le cessez-le-feu de l’effondrement, malgré son maintien officiel depuis octobre 2025.

Le passage à la « phase deux » de l’accord, censée marquer la transition vers la reconstruction et la démilitarisation, a mis en lumière de profondes failles structurelles, dont les civils subissent les conséquences les plus lourdes.

Frontières mouvantes et « ligne jaune »

Au cœur de la crise se trouve la « ligne jaune », une démarcation prévue pour séparer les zones contrôlées par Israël de celles destinées à une gouvernance palestinienne technocratique. Bien qu’elle ait été conçue comme une frontière fixe, des rapports de terrain et des images satellites montrent que les forces israéliennes ont déplacé les barrières en béton plus profondément à l’intérieur de Gaza, avançant en moyenne de 300 mètres dans plusieurs secteurs.

Israël contrôle désormais militairement entre 53 et 58 % du territoire de Gaza, comprimant près de deux millions de Palestiniens dans une étroite bande côtière. Les agences humanitaires estiment que l’élargissement des zones tampons mine les fondements territoriaux de la phase deux et affaiblit la crédibilité du cessez-le-feu.

Passage de Rafah : une réouverture symbolique

La réouverture du passage de Rafah avait été présentée comme une réalisation majeure de la phase deux, destinée à faciliter les évacuations médicales et les mouvements humanitaires. Les organisations d’aide décrivent toutefois cette réouverture comme largement symbolique.

Le 4 février, toutes les évacuations médicales via Rafah ont été brutalement suspendues. Les autorités israéliennes ont invoqué l’absence de documents procéduraux requis de l’Organisation mondiale de la santé, tandis que le Croissant-Rouge palestinien a affirmé n’avoir reçu aucun préavis.

Plus de 18 500 patients figurent toujours sur les listes d’attente pour une évacuation. Au rythme actuel de 15 à 20 évacuations par jour, les médecins estiment qu’il faudrait plus d’un an pour résorber l’arriéré, une perspective jugée catastrophique, notamment pour les 440 patients dans un état critique encore bloqués à Gaza.

Un cessez-le-feu sous tension

La supervision de la trêve relève du « Conseil de la paix » dirigé par les États-Unis, créé en janvier 2026 pour veiller au respect de l’accord et à la reconstruction. Malgré son mandat, l’organe peine à contenir la reprise des violences.

Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu en octobre, au moins 529 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens, selon des données compilées. L’impasse politique centrale demeure : la phase deux exige le désarmement du Hamas et le retrait total d’Israël de Gaza. Israël refuse de se retirer tant que le Hamas n’est pas neutralisé, tandis que le Hamas refuse de se désarmer tant que la ligne jaune continue d’avancer.

Des diplomates impliqués décrivent en privé une impasse circulaire dépourvue de mécanisme d’application crédible.

Un hiver humanitaire

À la crise sécuritaire s’ajoute ce que les Nations unies qualifient d’« hiver de l’horreur ». De fortes pluies saisonnières ont inondé de vastes zones de camps de déplacés, détruisant ou submergeant plus de 127 000 tentes.

Face aux pénuries de logements, de carburant et de vêtements chauds, l’exposition au froid devient mortelle. Au moins sept enfants sont morts d’hypothermie cet hiver, alors que les températures nocturnes chutent autour de 8°C. Les agences humanitaires préviennent que d’autres décès sont probables sans une aide hivernale immédiate.

Une issue incertaine

Si la phase une du plan a permis de stopper les combats à grande échelle, la phase deux axée sur la reconstruction, la transition politique et la démilitarisation semble désormais bloquée. Avec des frontières contestées, des évacuations gelées et une confiance en chute libre, les analystes estiment que le cessez-le-feu risque de devenir une fiction juridique plutôt qu’une réalité vécue.

Alors que les besoins humanitaires explosent et que les positions politiques se durcissent, les prochaines semaines pourraient déterminer si le plan de paix peut encore être sauvé ou si Gaza s’achemine vers un nouveau cycle de conflit ouvert.

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