De violentes inondations ont contraint les autorités marocaines à évacuer environ 50 000 habitants de la ville de Ksar El Kébir, dans le nord du pays, soit près de la moitié de sa population, après plusieurs semaines de fortes pluies ayant provoqué le débordement du fleuve Loukkos, selon des sources officielles et des agences de presse internationales.
Les habitants décrivent la ville comme une « ville fantôme », avec la majorité des activités commerciales à l’arrêt et les marchés fermés, tandis que les eaux envahissaient les quartiers situés en contrebas. Les inondations ont été causées par des niveaux critiques du fleuve, aggravés par le barrage d’Oued Makhazine arrivé à pleine capacité. Les autorités ont confirmé que des lâchers d’eau contrôlés, effectués pour préserver la sécurité structurelle du barrage, ont contribué à la montée des eaux en aval.
Déploiement des Forces Armées Royales
Sur instructions directes du roi Mohammed VI, les Forces Armées Royales ont été déployées pour appuyer les services de la protection civile dans des opérations de sauvetage et d’évacuation de grande ampleur. Des hélicoptères militaires et des véhicules spécialisés ont permis de secourir des habitants piégés par les eaux, tandis que des centres d’hébergement temporaires ont été installés dans des écoles, des salles communautaires et des camps dédiés.
Des sacs de sable et des barrières métalliques ont été installés à l’entrée des quartiers les plus exposés afin de limiter de nouvelles infiltrations. Plus de 70 autobus ainsi que plusieurs trains ont été mobilisés pour transporter les évacués vers des zones sûres, notamment la ville portuaire de Tanger. Les évacuations se poursuivent, de manière volontaire ou obligatoire selon le niveau de risque.
Perturbation des services publics
La Direction provinciale de l’Éducation nationale a annoncé la suspension de toutes les activités scolaires publiques et privées à Ksar El Kébir du 2 au 7 février, pour des raisons de sécurité. L’électricité a été coupée de manière préventive dans plusieurs quartiers inondés, et l’accès à la ville a été limité aux services d’urgence et aux habitants quittant les zones touchées.
Les organisations humanitaires, dont la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, font état de dégâts matériels importants et de milliers de familles en situation d’urgence. Le ministère de l’Intérieur a indiqué qu’aucun bilan définitif des victimes n’avait encore été établi, les évaluations étant toujours en cours.
Impact régional élargi
Les inondations ont également touché d’autres régions du nord du Maroc, notamment Sidi Kacem, où le fleuve Sebou est sorti de son lit, ainsi que les environs de Tétouan. La Direction générale de la météorologie maintient une alerte rouge dans plusieurs provinces du nord, avec des prévisions de pluies supplémentaires comprises entre 100 et 150 millimètres, accompagnées d’orages possibles jusqu’au milieu de la semaine.
Les autorités appellent la population à s’éloigner des berges des rivières, à respecter strictement les consignes d’évacuation et à éviter les déplacements sur les routes inondées.
Fin officielle de la sécheresse
Malgré l’ampleur des dégâts, les autorités ont confirmé que ces précipitations soutenues ont officiellement mis fin à la sécheresse prolongée de sept ans qu’a connue le Maroc. Le taux de remplissage des barrages nationaux a atteint environ 61,7 %, son niveau le plus élevé מאז 2019, offrant un soulagement à long terme pour les ressources hydriques alors que les opérations d’urgence se poursuivent.
Les services de secours demeurent en état d’alerte maximale, tandis que les conditions météorologiques







