La bande de Gaza a connu dimanche une réouverture partielle et prudente du point de passage de Rafah avec l’Égypte, après près de deux années de fermeture, offrant une bouffée d’oxygène humanitaire limitée à l’enclave assiégée. Cette avancée a toutefois été éclipsée par la décision d’Israël d’interdire les activités de Médecins Sans Frontières à Gaza et par la poursuite de frappes aériennes meurtrières malgré un cessez-le-feu en vigueur.
Réouverture de Rafah à titre expérimental
Le point de passage de Rafah, fermé depuis mai 2024, a rouvert partiellement dans le cadre d’un dispositif pilote supervisé par une mission de surveillance de l’Union européenne. Selon des responsables proches du dossier, la première journée a été consacrée à des vérifications techniques et à la coordination sécuritaire, avec un début prévu des passages réguliers à partir de lundi.
Les mouvements restent strictement encadrés. Les Palestiniens ayant quitté Gaza pendant la guerre ne peuvent rentrer qu’après obtention d’une autorisation sécuritaire israélienne préalable. Les sorties sont pour l’instant limitées aux blessés et aux malades chroniques nécessitant des soins médicaux urgents à l’étranger.
Les autorités sanitaires estiment qu’environ 22 000 patients doivent être évacués, tandis que le quota quotidien a été fixé à près de 150 personnes. Les professionnels de santé avertissent que ce chiffre est largement insuffisant face à l’aggravation de la crise sanitaire à Gaza.
Malgré son caractère limité, les organisations humanitaires considèrent cette réouverture comme une étape essentielle, bien que fragile, vers le rétablissement de l’accès aux soins vitaux.
Médecins Sans Frontières sommée de quitter Gaza
Par ailleurs, le ministère israélien des Affaires de la diaspora a annoncé dimanche la fin des activités de Médecins Sans Frontières à Gaza, portant un coup sévère à un système de santé déjà dévasté.
Cette décision fait suite à une demande israélienne exigeant des organisations non gouvernementales qu’elles fournissent des listes détaillées de leur personnel palestinien. Médecins Sans Frontières a refusé, invoquant de graves préoccupations sécuritaires et rappelant la mort de plus de 1 700 soignants מאז octobre 2023, dont 15 membres de son personnel.
L’organisation a été sommée de cesser toutes ses activités et de se retirer de Gaza d’ici le 28 février 2026. Cette mesure s’inscrit dans une initiative plus large visant à retirer l’agrément de 37 organisations humanitaires accusées par Israël de liens avec des groupes armés, des accusations rejetées par les ONG concernées.
Les acteurs humanitaires préviennent que l’expulsion de Médecins Sans Frontières réduira encore la capacité de Gaza à assurer la chirurgie d’urgence, les soins de traumatologie et les services de santé de base.
Des frappes meurtrières malgré le cessez-le-feu
La violence s’est poursuivie malgré un cessez-le-feu négocié par les États-Unis, actuellement dans sa deuxième phase. Des frappes aériennes israéliennes ont tué au moins 31 Palestiniens au cours du week-end, dont six enfants, selon les autorités sanitaires locales. Un décès supplémentaire a été signalé dimanche près de la zone de Wadi Gaza.
Les autorités ont indiqué que le nombre total de Palestiniens tués מאז le début du conflit en octobre 2023 s’élève à 71 769.
L’armée israélienne affirme que ces frappes répondaient à des violations présumées du cessez-le-feu par le Hamas. Les responsables palestiniens et les organisations humanitaires estiment au contraire que ces attaques illustrent la fragilité de la trêve et la détérioration continue de la situation humanitaire.
Plan par phases pour le passage de Rafah
Phase — Date — Action
Phase pilote — 1er février 2026 — Vérifications techniques, déploiement de la mission européenne, évacuations médicales limitées
Modèle opérationnel — 2 février 2026 — Début des passages réguliers pour les personnes autorisées (environ 150 par jour)
Reconstruction — Date à déterminer — Déploiement de forces de sécurité internationales et d’équipements de reconstruction
Alors que Gaza aborde le mois de février avec une reprise prudente des mouvements à Rafah, les restrictions sur l’aide et la reprise des violences jettent un doute sérieux sur la capacité de ces mesures limitées à se traduire par une amélioration humanitaire tangible.







