La situation sécuritaire dans la région éthiopienne du Tigré s’est fortement détériorée, les autorités régionales confirmant le recours à des frappes de drones pour la première fois מאז la signature de l’accord de paix de Pretoria en 2022, suscitant des appels urgents à la retenue de la part de l’Union africaine, des Nations unies et de l’Union européenne.
Selon le Bureau des affaires de communication du Tigré et des médias régionaux, deux frappes de drones distinctes ont été menées tôt samedi matin dans la zone du Tigré central, marquant une escalade significative après plusieurs mois de calme fragile.
La première frappe s’est produite entre 3 h 30 et 4 h 00 dans la ville d’Enticho, où un camion de marque Isuzu a été touché. Les autorités régionales ont indiqué que le chauffeur avait été tué et son assistant blessé. Une seconde frappe a été signalée vers 5 h 30 dans la zone de Gendebta, dans le district d’Ahferom, visant également un camion.
Les autorités tigréennes ont affirmé que les véhicules transportaient des marchandises civiles, notamment de la nourriture, de l’huile de cuisson et du café. Des sources pro-gouvernementales ont toutefois allégué que les camions transportaient des armes. Au 1er février, les Forces nationales de défense éthiopiennes n’avaient pas publié de communiqué officiel sur les incidents ou les accusations contradictoires.
Intensification des tensions militaires
Les frappes de drones interviennent dans un contexte de détérioration sécuritaire observée depuis une semaine dans plusieurs parties du Tigré. Des affrontements terrestres ont été signalés plus tôt dans la semaine à Tselemti, dans le Tigré occidental, et à Alamata, dans le Tigré méridional, des zones disputées de longue date entre le Tigré et la région voisine de l’Amhara.
Des informations indiquent également que des forces tigréennes sont récemment entrées dans les villes d’Alamata et de Korem après le retrait des forces fédérales. Ces développements ont accru les inquiétudes des diplomates et des organisations humanitaires quant à un retour à un conflit de grande ampleur.
Autre signe d’instabilité, Ethiopian Airlines a suspendu tous les vols à destination de Mekele, Axum, Shire et Humera le 29 janvier. Les suspensions restent en vigueur, sans calendrier annoncé pour la reprise des liaisons aériennes.
Alerte internationale
Les acteurs internationaux ont rapidement réagi, avertissant que toute reprise des hostilités pourrait compromettre le fragile processus de paix.
Le président de la Commission de l’Union africaine a exprimé sa profonde inquiétude le 30 janvier, appelant toutes les parties à faire preuve de la plus grande retenue et à privilégier le dialogue. Le panel de haut niveau de l’Union africaine a proposé de renforcer les efforts de médiation.
Le secrétaire général des Nations unies a averti le 31 janvier des conséquences potentielles pour les civils et du risque d’un retour à un conflit plus large, appelant à l’application intégrale de la cessation des hostilités prévue par l’accord de Pretoria.
L’Union européenne a également mis en garde contre les graves conséquences qu’aurait une reprise du conflit sur la stabilité de l’Éthiopie et ses relations avec ses partenaires internationaux.
Impact croissant sur les civils
Sur le terrain, l’insécurité croissante affecte déjà la vie quotidienne. Des habitants de Mekele et d’autres grandes villes signalent une augmentation des retraits bancaires, plusieurs distributeurs automatiques étant à court de liquidités en raison de l’anxiété publique.
Des mouvements de population ont également été observés, de nombreux civils tentant de quitter la région. Les services de bus vers Addis-Abeba seraient complets plusieurs jours à l’avance, selon des opérateurs de transport locaux.
Les observateurs estiment que les prochains jours seront déterminants pour savoir si l’Éthiopie peut éviter l’effondrement de l’accord de paix de 2022 et prévenir un retour à un conflit de grande ampleur dans le nord du pays.







