Le passage frontalier de Rafah doit rouvrir le 1er février sous des mesures de sécurité strictes, marquant la première étape concrète de la mise en place d’un nouveau cadre administratif post-guerre à Gaza, ont indiqué des responsables israéliens, égyptiens et palestiniens.
Cette réouverture intervient après la récupération, le 26 janvier, des restes du dernier otage israélien, Ran Gvili, un événement qui, selon des responsables, a levé un obstacle politique majeur à l’avancement de la « deuxième phase » des arrangements post-conflit.
Les autorités égyptiennes ont déclaré être pleinement prêtes à reprendre le traitement des cas humanitaires et à faciliter le retour des civils. Les autorités israéliennes ont toutefois confirmé que la réouverture serait limitée et strictement encadrée pour des raisons de sécurité.
Réouverture limitée aux piétons
Selon le diffuseur public israélien KAN et des responsables palestiniens, le passage sera dans un premier temps ouvert uniquement aux mouvements de personnes, à l’exclusion de tout fret commercial.
Chaque personne entrant ou sortant de Gaza sera soumise à un contrôle de sécurité israélien complet, appuyé par des systèmes de surveillance à distance et des technologies de filtrage avancées. Des unités de l’armée israélienne devraient maintenir un point de contrôle extérieur à proximité du passage.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré le 27 janvier que le nombre d’entrées autorisées pourrait initialement être limité à environ 50 personnes par jour, alors que plus de 30 000 Palestiniens sont actuellement enregistrés en Égypte dans l’attente d’un retour.
Création d’un organe administratif à Gaza
La réouverture coïncide avec la création du Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), un organe technocratique chargé de la gestion civile et de la reconstruction de l’enclave.
Le comité sera dirigé par le Dr Ali Shaath, ingénieur civil formé au Royaume-Uni et ancien sous-secrétaire de l’Autorité palestinienne. Il comptera 15 technocrates palestiniens, dont des professionnels indépendants et des personnalités auparavant affiliées au Fatah.
Son mandat inclut la restauration des services essentiels, le déblaiement des décombres, la réparation des infrastructures et la supervision du processus de démilitarisation. Les responsables précisent qu’il ne disposera d’aucune autorité politique ou diplomatique.
Supervision internationale
Le NCAG opérera sous l’autorité d’un Conseil de la paix soutenu par les États-Unis, mécanisme de supervision temporaire placé sous la responsabilité de l’émissaire spécial américain Steve Witkoff, selon des sources diplomatiques.
La sécurité sur le terrain devrait être appuyée par une force internationale de stabilisation, ainsi que par le retour de la mission européenne d’assistance aux frontières (EUBAM) à Rafah, chargée de faire le lien entre les autorités égyptiennes et israéliennes.
Pression humanitaire
Les agences des Nations unies estiment qu’environ 20 000 patients à Gaza nécessitent une évacuation médicale urgente.
Les acteurs humanitaires avertissent que sans reprise du fret commercial, l’impact de la réouverture restera limité. La réouverture de Rafah et la mise en place du NCAG constituent un tournant fragile de la transition post-guerre à Gaza.







