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Moyen-Orient

La Syrie connaît un basculement territorial majeur à l’est d’Alep et un décret historique sur les droits kurdes

La Syrie a connu une transformation majeure de son paysage militaire et politique, alors que les forces gouvernementales ont avancé dans d’anciennes zones contrôlées par les Kurdes à l’est d’Alep, tandis que la nouvelle direction du pays a publié un décret sans précédent reconnaissant officiellement les droits kurdes.

Ces développements interviennent exactement un an et un mois après la chute du gouvernement de Bachar al-Assad en décembre 2024, marquant un moment charnière dans la transition post-guerre fragile du pays.

Avancée de l’armée syrienne à l’est d’Alep
Après une semaine de violents combats à l’intérieur de la ville d’Alep, l’armée arabe syrienne a enregistré d’importants gains territoriaux dans la campagne orientale auparavant contrôlée par les Forces démocratiques syriennes (FDS) à dominante kurde.

Des responsables militaires ont indiqué que les troupes gouvernementales ont pris le contrôle de 34 villages et localités, établissant une emprise totale sur Deir Hafer, Maskana et l’aéroport militaire de Jarrah.

Cette avancée a suivi une déclaration du commandant des FDS, Mazloum Abdi, annonçant le retrait des forces kurdes vers la rive orientale de l’Euphrate afin d’éviter une nouvelle escalade. Les deux camps se sont toutefois ensuite mutuellement accusés de violations de l’accord de retrait.

Les médias d’État ont rapporté que deux soldats syriens ont été tués près de Maskana lors d’une attaque contre une patrouille de l’armée pendant le processus de transfert. De leur côté, les FDS ont accusé les forces gouvernementales d’être entrées dans certaines localités avant l’achèvement du retrait kurde, qualifiant la situation de « hautement dangereuse ».

Malgré les avertissements sécuritaires, les premiers retours de civils ont été signalés, des familles étant aperçues à Deir Hafer arrivant dans des camionnettes chargées de biens, alors que les autorités préviennent de la présence de mines et de munitions non explosées.

Un décret historique reconnaît les droits kurdes
Dans un geste politique parallèle, le président Ahmed al-Sharaa a promulgué le décret n°13 de 2026 le 16 janvier, une décision qualifiée d’historique par les responsables et les observateurs.

Pour la première fois dans l’histoire moderne de la Syrie, la langue kurde est reconnue comme langue nationale autorisée dans l’enseignement des régions majoritairement kurdes. Le décret restaure également la nationalité aux Kurdes privés de citoyenneté par les lois du recensement de 1962, une mesure touchant environ 20 % de la population kurde du pays.

En outre, le 21 mars, date du Nowruz, a été déclaré jour férié national, symbole d’unité et de fraternité entre les différentes communautés syriennes.

Les autorités administratives kurdes ont salué le décret comme une première étape positive, tout en soulignant qu’il ne répond pas encore aux revendications de longue date en faveur d’un système fédéral décentralisé.

Un paysage post-Assad fragile
Malgré des avancées diplomatiques, notamment un allègement partiel des sanctions et le retour progressif de la Syrie sur la scène internationale, le pays reste profondément fragmenté.

Des groupes de surveillance indiquent que la violence confessionnelle se poursuit dans plusieurs régions, avec plus de 1 400 Alaouites et 2 000 Druzes tués lors de vagues de troubles au cours de l’année écoulée.

Les développements à Alep et à Damas illustrent le défi auquel est confrontée l’administration al-Sharaa : consolider le contrôle territorial tout en recherchant une réconciliation politique après plus d’une décennie de guerre.

Contexte régional élargi
Les évolutions en Syrie s’inscrivent dans un contexte de recomposition diplomatique régionale. Par ailleurs, le président américain Donald Trump a invité les dirigeants de la Türkiye et de l’Égypte à rejoindre un « Conseil de la paix » pour Gaza, établi en vertu de la résolution 2803 du Conseil de sécurité de l’ONU.

Selon les analystes, ces initiatives parallèles traduisent des efforts plus larges visant à redessiner les arrangements politiques au Moyen-Orient post-conflit.

Une voie incertaine
Si les gains militaires à l’est d’Alep renforcent la position territoriale de Damas et que le décret kurde signale une volonté d’inclusion, la trajectoire de la Syrie vers une stabilité durable demeure incertaine.

Le déminage, l’aide humanitaire aux familles de retour et les négociations sur l’autonomie politique kurde devraient façonner la prochaine phase de la reprise fragile du pays.

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