De violents affrontements ont éclaté lundi entre l’armée nationale somalienne et les forces de l’État semi-autonome du Jubaland, près de la ville frontalière de Beled Hawo, dans la région de Gedo. Selon un communiqué officiel du ministère somalien de la Défense, deux officiers de l’armée et dix combattants du Jubaland ont été tués.
Le ministère a affirmé que les forces gouvernementales avaient repoussé une attaque « surprise » lancée par les troupes du Jubaland, les contraignant à battre en retraite après leur avoir infligé de « lourdes pertes ». Le calme est revenu par la suite, la zone de tension ayant été sécurisée.
Mogadiscio accuse les forces du Jubaland de chercher à « saper la sécurité et la stabilité », qualifiant l’attaque d’« acte subversif » menaçant l’unité nationale. Le maire de Beled Hawo a, de son côté, accusé les forces du Jubaland d’avoir coupé l’approvisionnement en eau de la ville quelques jours avant l’assaut, aggravant la crise humanitaire.
La rivalité entre le gouvernement fédéral somalien et l’administration du Jubaland s’est intensifiée depuis 2019, après des élections contestées dans l’État régional. Mogadiscio accuse Nairobi de soutenir militairement le Jubaland, tandis que ce dernier reproche au gouvernement central de vouloir affaiblir le système fédéral et d’empiéter sur son autonomie.
Ces tensions compliquent la lutte contre les insurgés d’Al-Shabaab, actifs dans les zones voisines. Selon certaines sources, plusieurs combattants du Jubaland auraient fui vers le Kenya et l’Éthiopie, où ils ont été désarmés par les gardes-frontières. Mogadiscio a officiellement demandé leur extradition.







