Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, a exhorté les autorités maliennes à annuler le décret dissolvant les partis politiques et à rétablir pleinement le respect des droits politiques dans le pays.
Dans un communiqué publié vendredi, Türk a appelé le président de la transition, Assimi Goïta, à revenir sur ce décret « draconien », adopté quelques jours après l’annonce officielle de la dissolution de l’ensemble des partis politiques et des organisations à caractère politique.
Il a souligné que toute restriction à la participation politique devait être conforme aux normes internationales des droits de l’homme que le Mali s’est engagé à respecter.
Le Haut-Commissaire a également exprimé son inquiétude face à l’arrestation de plusieurs opposants à la suite des manifestations contre la décision de dissolution, qualifiant ces arrestations de « dernier épisode d’une série de disparitions forcées remontant à au moins 2021 ». Il a appelé à la libération immédiate des personnes détenues.
Pour rappel, le gouvernement malien a annoncé mardi dernier, à travers un décret présidentiel diffusé à la télévision nationale, la dissolution de tous les partis politiques et des organisations à caractère politique.
Mamady Nasser, ministre délégué chargé des réformes politiques, a précisé que le décret interdit tout rassemblement des membres des partis et organisations dissous.
Cette décision s’appuie sur les recommandations issues des assises nationales de concertation tenues fin avril, qui ont appelé à la dissolution des partis politiques et au durcissement des conditions de leur création.
Ces assises, largement boycottées par les principales forces politiques, ont vu la participation de soutiens du Conseil militaire de transition, et ont également proposé la prorogation du mandat du président Goïta pour une durée de cinq ans renouvelable.







