Morts et blessés abandonnés sans secours près de la frontière mauritanienne ; les survivants sont revenus les soigner et enterrer les victimes
Selon des sources locales jointes par African Perceptions, dont des proches des victimes, une patrouille conjointe de l’armée malienne et de l’Africa Corps russe a ouvert le feu directement, ce lundi 2 novembre 2026, sur deux véhicules de transport civils dans la zone de Méma, près de la frontière mauritanienne. À leur bord, des civils qui regagnaient leurs campements pastoraux après avoir fait leurs achats au marché hebdomadaire de Gassi Loumi.
L’un des véhicules a été touché : ses occupants ont été tués ou blessés. Le second a réussi à prendre la fuite.
Aucun secours pour les blessés
Les forces russes et maliennes ont laissé les morts et les blessés sur place, sans leur porter le moindre secours, avant de poursuivre leur patrouille. Lorsque les occupants du véhicule rescapé ont estimé que la patrouille s’était éloignée, ils sont revenus sur les lieux pour soigner les blessés et enterrer les morts.
« Pris entre deux feux »
« Il n’existe aucun peuple tué par l’armée de son propre pays avec des mercenaires étrangers, à part les Touaregs », témoigne Mohamed Saleh, proche de l’une des victimes. « Nous vivons pris entre deux feux. Quiconque fait paître ses bêtes au Mali est condamné à mort, et après avoir été tué de la manière la plus atroce, ses animaux finissent grillés par les mercenaires russes. Tout cela parce que notre peau n’est pas noire. »
« Quand nous allons chez le voisin mauritanien, on nous humilie, on ne nous laisse ni travailler ni voyager dans le pays. Nous restons enfermés dans le camp de Mbera, sans aide de l’ONU ni rien d’autre, poursuit-il. Et quand nous rentrons au Mali, l’armée malienne et ses mercenaires russes nous tuent. »







