Le Conseil consultatif de la refondation du Niger a appelé le gouvernement à étudier une hausse des prix des carburants « dans des proportions raisonnables » et à faire du corridor algérien un axe prioritaire pour sécuriser l’approvisionnement des régions du nord, dans le cadre d’un ensemble de recommandations visant à éviter une éventuelle crise économique et alimentaire.
Ces recommandations ont été formulées à l’issue de la première session extraordinaire du Conseil pour l’année 2026, close mardi à Niamey sous la présidence du Dr Mamoudou Harouna Djingarey, en présence des membres du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie, du gouvernement, de responsables d’institutions et de chefs des forces de défense et de sécurité.
Énergie : audit de la Sonidep et numérisation de la distribution
Dans le domaine de l’énergie, le Conseil a demandé au gouvernement de diversifier les sources d’importation de produits pétroliers, de clarifier les mécanismes de gestion du secteur et de soumettre la Société nigérienne des produits pétroliers, la Sonidep, à un audit institutionnel et financier.
Il a également recommandé de revoir les flux de carburant et de numériser entièrement la chaîne de distribution, tout en accordant à la Sonidep un soutien financier pour l’aider à surmonter les difficultés liées aux importations.
Le Conseil a souligné la nécessité de réduire la vulnérabilité du Niger face aux perturbations du marché pétrolier, en développant les capacités de raffinage et de stockage et en diversifiant les sources d’énergie.
Alerte précoce sur les risques de crise alimentaire et pastorale
S’agissant des résultats de la campagne agricole 2026, le Conseil a appelé à renforcer le dispositif national de prévention et de gestion des crises et des catastrophes, et à accélérer l’évaluation et la cartographie des besoins alimentaires et nutritionnels à travers le pays.
Il a aussi demandé que soient organisés les déplacements des troupeaux et sécurisés les couloirs de passage, points d’eau, zones de pâturage et sites d’accueil, afin de prévenir d’éventuels conflits entre agriculteurs et éleveurs.
Il a en outre recommandé de débloquer les crédits alloués aux institutions publiques chargées de la sécurité alimentaire et des intrants agricoles, afin de constituer des stocks d’urgence d’aliments pour bétail, de semences et de fournitures agricoles et vétérinaires, et de mobiliser les moyens hydrauliques, alimentaires et logistiques nécessaires.
Le président du Conseil : des recommandations « importantes » pour agir en amont
Le président du Conseil, Mamoudou Harouna Djingarey, a déclaré que les débats avaient abouti à des recommandations qu’il juge importantes pour les secteurs concernés, exprimant l’espoir qu’elles aideront le gouvernement à prendre des mesures préventives afin d’éviter une crise alimentaire ou économique au Niger.







