Le Tchad a rejeté les accusations du Niger l’impliquant dans une frappe aérienne par drone sur le territoire nigérien, avec un soutien français, tandis que Niamey a convoqué l’ambassadeur tchadien et déposé une protestation officielle, dans une escalade diplomatique entre les deux pays.
La version de Niamey : une frappe avant l’aube, samedi, près d’Imme Loulou
Le gouvernement nigérien affirme que la frappe a eu lieu vers 1 heure du matin, le samedi 24 octobre, dans la zone d’Imme Loulou, dans la région d’Agadez. Elle a tué deux civils, en a blessé d’autres et endommagé des véhicules, selon un communiqué diffusé par les médias d’État.
Niamey accuse le Tchad d’avoir mené l’attaque depuis son territoire avec le soutien de la France. Selon elle, les enquêtes menées par les forces de défense et de sécurité et par les autorités judiciaires ont abouti à des « éléments matériels et techniques concordants » identifiant l’origine de la frappe, et elle les mettra à la disposition des instances internationales compétentes.
Le communiqué accuse aussi le Tchad d’offrir une profondeur stratégique à des mercenaires visant les populations ainsi que les installations stratégiques et énergétiques nigériennes, des accusations que N’Djamena rejette.
N’Djamena : aucune aide à une force étrangère, et soutien à une enquête internationale
Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement tchadien, Kassim Chérif Mahamat, a déclaré dans un communiqué diffusé par la télévision d’État le mardi 27 octobre que son pays rejette les accusations et nie avoir apporté une quelconque aide à une force étrangère pour mener une action hostile contre le Niger.
Le gouvernement tchadien a affirmé soutenir une enquête internationale et demandé que soient produites les preuves des accusations portées contre lui.
Protestation officielle et saisine du Conseil de sécurité
Le ministre nigérien de la Justice, Aliou Daouda, chargé de l’intérim des Affaires étrangères, a reçu mardi l’ambassadeur du Tchad à Niamey pour lui notifier la protestation de son pays contre la frappe, selon l’agence de presse nigérienne.
Le gouvernement nigérien a annoncé son intention de saisir le Conseil de sécurité de l’ONU et le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, et de réclamer une enquête internationale indépendante. Il a également annoncé un renforcement de la surveillance de l’espace aérien et des zones frontalières, soulignant son droit de défendre son territoire et sa population.
Les éléments disponibles ne permettent pas à eux seuls de vérifier de manière indépendante l’origine de la frappe ni la responsabilité des parties mises en cause, et les versions des deux pays divergent.







