L’association Kal Akal a tiré la sonnette d’alarme sur la dégradation de la situation humanitaire dans les régions de Kidal, Tinzaouaten et Talhandak, dans le nord du Mali, à la suite de frappes aériennes qui, selon elle, ont exposé des zones habitées au danger et poussé des familles — parmi lesquelles des femmes et des enfants — à fuir vers la frontière algérienne à la recherche d’un refuge sûr.
Dans un communiqué urgent publié ce lundi depuis la ville de Kidal, l’association a indiqué que les informations et les images qui lui sont parvenues font état d’au moins un civil tué et d’un autre blessé, ainsi que de maisons et de sites civils touchés par les bombardements.
Le bilan des victimes n’a pu être vérifié de manière indépendante, pas plus que l’identité de l’auteur des frappes. Ni les autorités maliennes ni les autorités algériennes n’ont, à ce stade, réagi officiellement au contenu de ce communiqué.
Des familles bloquées à la frontière
Selon Kal Akal, des familles ont dû quitter leurs zones de résidence pour échapper aux frappes, avant de se retrouver bloquées à proximité de la frontière algérienne, dans l’incapacité de rejoindre une zone sûre.
L’association a précisé que les images et informations reçues révèlent une situation humanitaire extrêmement grave, en particulier pour les enfants, les femmes, les personnes âgées et les blessés.
Elle a souligné que l’un des sites visés par les frappes ne se trouve qu’à environ 300 mètres d’une zone habitée du côté algérien de la frontière, estimant que la proximité des opérations militaires avec les zones peuplées multiplie les risques pesant sur les civils des deux côtés de la bande frontalière.
Appel urgent à l’Algérie
L’association a lancé un appel officiel et urgent aux autorités algériennes afin qu’elles agissent et ne laissent pas les familles en fuite bloquées entre les frappes et la frontière.
Elle a affirmé que les considérations sécuritaires ne devaient pas prendre le pas sur les impératifs humanitaires, appelant l’Algérie à envisager des mesures permettant aux personnes menacées d’accéder à une protection effective, notamment les enfants, les femmes, les personnes âgées et les blessés.
Le communiqué a insisté sur le fait que « la frontière ne doit pas se transformer en piège pour les civils fuyant les hostilités », rappelant le principe de non-refoulement, qui interdit de renvoyer des personnes vers des lieux où leur vie ou leur sécurité pourraient être gravement menacées.
Appel à cesser d’exposer les civils au danger
Kal Akal a également appelé les autorités maliennes et l’ensemble des forces engagées dans les opérations militaires à respecter le droit international humanitaire, à observer le principe de distinction entre cibles militaires et civiles, et à prendre toutes les précautions nécessaires pour éviter de nouvelles victimes.
L’association a exhorté les Nations unies, le Haut-Commissariat aux réfugiés, le Comité international de la Croix-Rouge et les organisations humanitaires à vérifier d’urgence les faits rapportés et à agir pour protéger la population et venir en aide aux familles déplacées.
Elle a conclu son communiqué en soulignant que la situation à Tinzaouaten exige une réponse immédiate, mettant en garde contre le fait de laisser sans abri des civils fuyant les bombardements, et affirmant que « l’humanité ne doit pas s’arrêter aux frontières ».







