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Afrique du l’Ouest et Sahel

« Nous n’avions pas de mannequins d’entraînement » : le témoignage glaçant d’un ancien mercenaire russe sur l’usage de captifs vivants dans des « exercices de premiers secours » au Mali

Capture d’écran d’une vidéo publiée sur la chaîne du journaliste ukrainien Dmytro Karpenko, qui réalise des interviews avec des combattants russes faits prisonniers.

Dans un entretien vidéo publié par le journaliste ukrainien Dmytro Karpenko, un homme désigné uniquement sous le prénom « Alexandre », présenté comme un ancien combattant d’un groupe lié à Wagner, décrit un séjour au Mali au sein de ce qu’il appelle une « société militaire ». Selon son récit, cette période a inclus l’utilisation de captifs qualifiés de « terroristes » comme sujets vivants lors d’exercices de premiers secours et de prise en charge de blessures de guerre.

Ce témoignage vient s’ajouter à un long registre de récits documentés sur les exactions commises par des éléments de Wagner et de l’Africa Corps contre des civils touaregs, arabes et peuls dans le nord et le centre du Mali depuis l’entrée du groupe dans le conflit en 2021. Wagner et les autorités russes concernées n’ont pas pu être jointes pour commenter les allégations précises contenues dans cet entretien.

De la Syrie à Bamako

L’homme entame son récit à partir d’une base militaire en Syrie que la population locale appelait « Tantchik », où il affirme avoir passé deux semaines avec son groupe sans mission particulière, dans un climat tendu après que le président russe Vladimir Poutine les eut, selon ses dires, brièvement qualifiés de « terroristes » à la suite de ce qu’il décrit comme une « marche sur Moscou » — une décision annulée, dit-il, dès le lendemain.

Le groupe a ensuite été acheminé par avion vers la capitale malienne, Bamako, où ils ont commencé, selon lui, à être répartis entre différents « détachements » au sein de cette « société militaire ». Il affirme avoir passé environ sept mois au Mali, de fin septembre à avril 2024.

Un récit d’exercices de premiers secours pratiqués sur des captifs

« Alexandre » décrit une phase initiale d’entraînement comprenant l’acclimatation au climat, la montée et la descente de véhicules blindés, ainsi que des exercices de déminage, avant d’aborder le volet le plus troublant de son témoignage : des exercices de secourisme militaire qu’il qualifie d’« extrêmement brutaux », menés, selon lui, sur des personnes désignées à l’époque comme des « terroristes » captifs.

Il relate deux cas, sur un total qu’il dit être de « seulement deux » : dans le premier, la jambe d’un captif aurait été arrachée par un bloc de trotyl, avant qu’on ne lui tire dans une artère du bras, tandis que deux stagiaires choisis par l’instructeur devaient lui prodiguer les premiers soins, notamment poser un garrot et des pansements. « Alexandre » précise que l’homme a fini par « saigner à mort », sans qu’aucun soin réellement efficace n’ait été apporté pour le sauver.

Dans le second cas, toujours selon son récit, un autre captif aurait été poignardé au cœur devant un groupe de stagiaires, tandis que la jambe d’une troisième personne aurait été tranchée à la machette, dans le but — selon ses propres mots — de créer une « blessure réelle » sur laquelle deux autres stagiaires pourraient s’entraîner aux techniques de contrôle des hémorragies.

« Alexandre » affirme n’avoir personnellement participé à aucun de ces actes, se bornant à observer, et justifie son silence, ainsi que celui de ses camarades, par le fait qu’ils auraient été « mis devant le fait accompli », sans savoir à l’avance ce qui allait se produire, et qu’ils n’auraient eu aucune possibilité de s’y opposer.

« Nous n’avions pas de mannequins d’entraînement »

Cette partie de l’entretien se conclut par une remarque du journaliste Karpenko, qui résume l’accusation implicite contenue dans ce témoignage : l’absence de mannequins médicaux d’entraînement militaire aurait conduit, selon ce récit, à recourir à des personnes vivantes à leur place. À un moment de l’entretien, Karpenko demande à son interlocuteur s’il croit en Dieu ; « Alexandre » répond par l’affirmative. Interrogé sur ce que Dieu lui « disait » à ce moment-là, il répond que ce message était de « ne pas intervenir ».

D’autres éléments du témoignage : embuscades, pertes et solde

L’entretien a également abordé d’autres aspects du séjour d’« Alexandre » au Mali. Il affirme ne pas avoir pris part à des combats directs, décrivant son rôle comme se limitant à l’escorte de convois de l’armée malienne, dans le cadre de missions de protection contre des explosifs posés en bordure de route, qu’il attribue à des « terroristes » utilisant des motos pour enterrer des conteneurs en plastique remplis de nitrate fabriqué de manière artisanale.

Il évoque la mort de deux de ses camarades lors d’une embuscade au cours d’une mission à moto, ainsi qu’un cas de suicide d’un combattant avec son arme personnelle à l’intérieur de la base, sans en préciser les raisons. Il révèle également un salaire mensuel oscillant entre 240 000 et 260 000 roubles (environ 3 000 dollars), ainsi qu’une prime journalière de 100 dollars par mois, précisant que ces sommes étaient versées en espèces par le biais d’une procuration confiée à des personnes désignées, et non par virement bancaire.

« Alexandre » conclut son récit en indiquant avoir dissimulé la nature réelle de sa mission à ses parents, qui pensaient qu’il travaillait en rotation à la surveillance d’installations pétrolières, avant d’apprendre la vérité par la suite.

Contexte

Des organisations internationales de défense des droits humains ont documenté, depuis l’entrée de Wagner au Mali en 2021 dans le cadre d’accords de coopération militaire avec Bamako, la mort de centaines de civils touaregs, arabes et peuls lors d’opérations qualifiées de représailles, ainsi que des cas d’exécutions sommaires et de tortures ayant touché des femmes et des enfants dans plusieurs régions du nord et du centre du pays. Le témoignage d’« Alexandre » vient ajouter un détail supplémentaire à ce schéma d’exactions déjà documenté — il ne s’y substitue pas et n’en constitue pas l’unique fondement.


Retranscription intégrale de l’entretien

Là-bas, en Syrie, on nous a emmenés dans une base militaire, appelée « Tantchik », c’est comme ça que les gens l’appelaient, et ça ressemblait à une unité blindée syrienne locale. On est restés là encore deux semaines. Quand les indemnités de transit étaient versées, c’était 5 000 par jour, 5 000 roubles. Alors on est restés là deux semaines à ne rien faire du tout, juste à regarder du football et à aller manger, pas de tours de garde, rien, ils n’ont pas distribué d’armes ni rien donné, et globalement il n’y avait aucune mission. À ce moment-là, alors qu’on était en Syrie, la marche sur Moscou a commencé, et Poutine nous a alors déclarés terroristes. Il y avait une panique chez beaucoup : comment ça, et depuis quand ? C’était en septembre et octobre, septembre et après. Et on se disait entre nous : comment on rentre à la maison maintenant ? Qu’est-ce qu’on fait, comment on revient ? Alors qu’on n’était même pas encore arrivés à destination et qu’on voulait juste gagner de l’argent. Et voilà, on est soudainement devenus des terroristes ! Et le lendemain, Poutine a annulé cette décision. Finalement, on est restés là deux semaines, puis on a pris l’avion pour le Mali, on est arrivés à Bamako, la capitale du Mali. Là, près de l’aéroport, on est aussi arrivés à bord d’un Iliouchine, et il y avait une base près de l’aéroport, et là ils ont commencé à nous répartir entre les détachements et les groupes de la « société militaire ». On est restés là environ quatre heures, on a mangé, et ils nous ont distribué des moustiquaires et beaucoup de matériel…

– Alors combien de temps as-tu passé au Mali, mon garçon, de quand à quand ? – De fin septembre jusqu’à avril 2024. – De fin septembre… 10 mois ? – Septembre… ah, oui. – Tu sais pourquoi ce n’est pas 10 ? Octobre, novembre, décembre… 7 mois. – De septembre à octobre, novembre, décembre, janvier, février, mars, avril… 7 mois et pas 10, donc oui, 7 mois. – En général, qu’est-ce que vous faisiez là-bas ? Qu’est-ce qui se passait ? – Au début, entraînement et instruction, il fallait s’acclimater au climat, et ils combinaient ça avec des entraînements : monter et descendre des blindés, gérer des situations non standard… rien d’inhabituel, entraînement au génie militaire (déminage) et aux premiers secours. Les premiers secours, c’était extrêmement brutal, et c’était pratiqué sur les terroristes [les captifs].

– Qu’est-ce que ça veut dire ? – On se rassemblait pour l’entraînement aux premiers secours, ils amenaient un terroriste captif, et ils lui attachaient un bloc de trotyl à la jambe et allumaient la mèche. Tout le monde recule, et bien sûr sa jambe s’envole, et il criait et pleurait. Les instructeurs criaient rapidement : « Là-bas ! » Et deux d’entre nous — choisis par l’instructeur — devaient lui prodiguer les premiers secours, et on observait comment tout se déroulait.

– Et combien de ces sujets aviez-vous au total ? – Seulement deux au total. – Deux à qui on a coupé les jambes ? – Non, il y a eu pire que ça. – Qu’est-ce qui était pire ? – Ils montraient comment l’achever, c’est-à-dire d’un coup de couteau dans le cœur. – Attends, le premier, sa jambe a explosé avec une mine ? – Quelqu’un est sorti et lui a posé le garrot et ils ont commencé à lui donner rapidement les premiers secours, on attache tout et on enveloppe, puis ils lui ont tiré dans l’artère sous l’aisselle, et ont fait la même chose au bras… – Un coup de feu ? Ou un bloc explosif ? – Non, ils ont simplement tiré sur l’artère. – Au bras ? – Oui, sous l’aisselle. – Ici ? – Oui, une balle traversante. – Et ensuite ? – Il fallait aussi lui donner les premiers secours là, mais le bras… – Et est-ce qu’il criait ? – Non, pas un bruit ! Oui, il était vivant bien sûr, ces gens-là sont des idéologues ; même si tu les tortures ou fais ce que tu veux, ils ne diront pas un mot, à part leurs prières. – Et ensuite ? Ils ont enveloppé son bras, et qu’est-ce qui lui est arrivé ? – Rien, en gros il meurt là, et un convoi de 100 personnes s’arrête et regarde tout ça. Il meurt là et nous, on passe à la mission suivante et on regarde…

– Et vous l’avez laissé allongé là ? – Oui. – Et il est devenu un « 200 » [un cadavre] ? – Oui. – Et quelle était la mission suivante ? – Personne n’a raconté ça avant… excuse-moi, mais continue. – La mission suivante, c’est que quand on tire sur quelqu’un, comme la plupart sont sous drogue, même si tu touches un organe vital, il peut se relever et courir. Il y a eu des cas comme ça. Et ils montraient qu’il fallait utiliser le couteau sur le cœur, comment tuer. – Tu veux dire que la personne est allongée et vivante ? – Oui, blessée ou à moitié vivante. – Et pourquoi à moitié vivante ? – À cause de la drogue, et parce qu’il se décompose… et ensuite ils prennent un couteau et choisissent aussi deux personnes : « Qui est prêt ? » – Étais-tu prêt à faire partie de cette démonstration ? – Moi ? Non, je n’y suis pas allé, je regardais seulement. – Et ensuite ? – L’instructeur dit : « Voilà comment on poignarde le cœur et on tourne le couteau. » Il dit : « Imagine que le couteau soit maintenant pointé sur toi, qu’est-ce que tu ressentirais ? Ne vous souciez pas des sentiments. » Et ensuite, devant vous, ils ont simplement poignardé l’homme au cœur ? Et ils en ont choisi deux autres : toi et toi ? – Oui, n’importe qui voulait, il y avait peu de volontaires, alors ils ont dit : « Qui ne veut pas ? » Et parmi ceux qui ont levé la main, ils ont choisi. Et la troisième personne, ils lui ont fait un pansement à la jambe… ils lui ont coupé la jambe avec… une machette ! – Et il est vivant ? – Oui. – Et il est allongé en train de crier ? – Qui ? Celui à qui on a coupé la jambe ? Non. – Qui l’a coupée ? – Les instructeurs. – Pourquoi ? – Pour qu’il y ait une blessure réelle à soigner, pour que les deux personnes choisies puissent s’entraîner dessus. – Et est-ce que les deux l’ont soignée ? – Oui, le garrot a été posé. Tout se passait comme si c’était une véritable situation de crise, tout était extrêmement réaliste. – Et qu’est-il arrivé à cette personne ensuite ? – La même chose, il meurt simplement, il se vide de son sang. – Et le quatrième, qu’est-ce que vous lui avez fait ? – Il n’y a pas eu de quatrième.

– Je suis sous le choc ! Récapitulons : les premiers secours au Mali, vous vous y êtes entraînés sur des terroristes captifs ? – Sur des gens qui, sur place, avaient été déterminés comme étant des terroristes. – Qu’avez-vous fait au premier ? Sa jambe a explosé avec une charge explosive et on lui a tiré dans l’artère, pourquoi avez-vous fait ça ? – Pour créer la blessure afin de pouvoir nous entraîner à la médecine militaire dans des conditions plus réalistes, pour poser le garrot et le pansement. – Et qu’est-ce qui lui est arrivé ensuite ? – Il a saigné à mort. – Il est devenu un cadavre [200] ? – Un cadavre [200]. – Et le deuxième, qu’avez-vous fait de lui ? – Le deuxième, ils l’ont poignardé au cœur avec un couteau et l’ont tourné là… et lui aussi est devenu un cadavre [200]. Et le troisième, ils lui ont coupé la jambe à la machette, pourquoi ? Pour appliquer le garrot et le pansement… évidemment vous n’aviez pas de mannequins d’entraînement. – Il n’y avait pas de mannequins, donc c’était sur des gens vivants ! C’est ça la valeur russe ! Crois-tu en Dieu ? – Je crois. – Et que te disait Dieu à cet endroit-là ? – De ne pas intervenir là-bas. – Personne n’a raconté ça avant… ils ont choisi des gens vivants pour quoi ? Pour s’entraîner aux premiers secours ! – On n’avait pas le choix de dire quoi que ce soit à personne, ils nous ont mis devant le fait accompli et on ne savait même pas ce qui allait se passer. J’ai eu la même réaction quand ils m’ont dit de reculer maintenant, que peut-être des os allaient voler et que ce ne serait pas un spectacle agréable. – Et est-ce que quelqu’un a essayé de dire quelque chose ? – Non. – Et le soir, de quoi discutiez-vous entre vous ? – Certainement pas de ça, personne n’en a parlé du tout. – Mais il y avait des jeunes ordinaires, qui travaillaient deux mois plus tôt dans une usine ? – Oui…

– As-tu participé aux combats ? – Non, je n’ai participé à aucun échange de tirs ni à aucune situation critique. J’étais seulement dans les opérations liées aux explosions. – Des ponts et ce genre de choses ? – Non, non, il n’y a pas de ponts là-bas. Quand le convoi avance, notre première mission était d’escorter la relève des forces locales [l’armée malienne]. Ils avaient peur de se déplacer sans nous, ils n’avaient ni armes ni rien, je pense qu’ils n’avaient même pas de grenades parce qu’un sur deux avait un proche terroriste, donc ils vendaient et livraient des munitions. Alors nous les escortions. Et tout le long du chemin, il y avait des explosions posées par les terroristes à moto, ils enterraient des conteneurs en plastique remplis de nitrate, du nitrate fabriqué localement. – Aviez-vous des morts [200] ou des blessés [300] ? – Oui, il y en a eu deux, ils étaient partis avec le groupe à moto pour une mission. À ce moment-là, j’étais de garde sur un AGS pour protéger la base. Ils sont partis et sont tombés dans une embuscade, l’un a reçu une balle à l’arrière de la tête, et à l’autre on lui a coupé la tête ou presque, et on les a dépouillés de leur équipement et pris leurs vêtements, puis on a pris des photos. Un hélicoptère est venu les évacuer. Et l’un s’est suicidé d’une balle, personne ne sait pourquoi… – À la base ? – Oui, pour appeler chez soi, il fallait aller à la base du commandant de détachement, où se trouvait le téléphone de service, parce que les téléphones personnels étaient interdits et tous les appels étaient enregistrés. Et là, à mi-chemin, il s’est tiré une balle avec un Kalachnikov.

– Pourquoi es-tu parti en avril ? – Le commandant de détachement est venu, a appelé mon nom et celui d’un autre jeune, et a dit : soit vous prolongez le contrat, soit vous rentrez à la maison. J’ai dit que je rentrais, les contrats étaient terminés. Là-bas, le contrat ne se compte pas en mois mais en 12+, c’est-à-dire que tu peux rester un an ou deux selon leurs besoins. – Combien touchais-tu comme salaire en Afrique ? – 240 000 [roubles], et quand je suis devenu chef d’équipage d’AGS, c’est passé à 260 000 [environ 3 000 dollars], plus une indemnité journalière de 100 dollars par mois pour les cigarettes et ce genre de choses. – Tu es rentré en avril 2024 ? – Oui, avril 2024. – Qu’est-ce que tes parents t’ont dit ? Qu’est-ce que tu leur as raconté ? – Ils ne savaient pas, ils pensaient que j’étais parti travailler en rotation à la surveillance de plateformes pétrolières. C’est ce que je leur ai expliqué. – Et ils ne l’ont su ni sur le moment ni plus tard ? – Non, ils l’ont su plus tard, où j’étais. – Ils t’ont donné tout l’argent en liquide ? – Oui, en liquide, il n’y a pas de virements sur les cartes. Tu rédiges une procuration pour une personne précise, et celui qui verse le salaire l’appelle. – Et qui a reçu ton salaire ? – Un ami proche a voyagé jusqu’à Khabarovsk et a reçu deux mois de salaire qu’il a donnés à ma mère, et le reste je l’ai reçu moi-même à mon retour. – Combien as-tu reçu au total ? – Environ deux millions [de roubles]. – Et qu’est-ce que tu en as fait ? – Je les ai dépensés en sucreries et en loisirs ! Je suis parti à Vladivostok, j’ai loué un appartement, j’ai rencontré une fille, et je faisais simplement la fête, je buvais et je dépensais pour toutes sortes de choses. – Et qu’est-ce que tu as fait ensuite ? – Après ça mon père a acheté un appartement là-bas, puis j’ai travaillé à plusieurs endroits : dans un atelier de pneus, puis dans un atelier de robots de soudure, et ainsi de suite…

Source de la vidéo : la chaîne du journaliste ukrainien Dmytro Karpenko.

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