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Moyen-Orient

Washington cherche une issue à la guerre contre l’Iran tandis que les négociations progressent sur un accord temporaire à Ormuz

Les efforts diplomatiques et militaires s’intensifient alors que Washington cherche une issue à la guerre contre l’Iran. Ces démarches interviennent sur fond d’avancées vers un accord temporaire destiné à rouvrir le détroit d’Ormuz à la navigation commerciale, tandis que Téhéran tente d’afficher l’unité de ses institutions et de défendre le choix des négociations avec les États-Unis.

Reuters a cité un responsable américain selon lequel Washington s’attend à la conclusion prochaine d’un accord entre l’Iran et le sultanat d’Oman sur le détroit, après les progrès réalisés dans les pourparlers. Le dispositif proposé permettrait aux navires commerciaux de circuler sans entrave, tandis que les États-Unis seraient disposés à lever le blocus des ports iraniens si Téhéran respecte ses engagements.

Selon la chaîne ABC News, l’accord envisagé serait conclu pour une durée de 60 jours. Cette période devrait permettre aux parties de négocier un accord de long terme visant à rouvrir entièrement le détroit, parallèlement à la reprise des discussions sur le programme nucléaire iranien.

Des divergences persistent cependant sur la nature des arrangements maritimes. L’administration du président Donald Trump exige une liberté totale de navigation dans le détroit d’Ormuz, sans droits de passage ni obligation pour les navires d’obtenir l’autorisation préalable de Téhéran. Les responsables américains soulignent qu’aucun accord ne sera définitif avant son annonce officielle.

Les négociations revêtent une importance particulière en raison des perturbations affectant l’une des principales voies mondiales de transport énergétique. Le Commandement central américain, le CENTCOM, a annoncé avoir dérouté 51 navires commerciaux et immobilisé deux bâtiments depuis la reprise du blocus naval contre l’Iran. Le trafic dans le détroit a fortement diminué en raison des risques sécuritaires et de l’incertitude entourant les nouveaux arrangements.

L’armée américaine doute d’une issue décisive

Les démarches diplomatiques coïncident avec des doutes croissants au sein de l’appareil militaire américain quant à la capacité des frappes aériennes à contraindre l’Iran à accepter les conditions de Washington.

Citant des sources informées, CNN a rapporté que le président du Comité des chefs d’état-major interarmées, le général Dan Caine, discutait avec de hauts responsables de l’administration Trump d’une possible issue à la guerre. Il aurait averti que certaines options d’escalade actuellement envisagées pourraient produire des résultats contraires aux objectifs recherchés.

Selon la chaîne, Caine a expliqué au cours d’entretiens privés que la puissance aérienne ne permettrait probablement pas, à elle seule, d’atteindre les objectifs annoncés par Trump. La poursuite des frappes aurait également peu de chances de contraindre Téhéran à faire les concessions exigées par Washington.

Le chef d’état-major a présenté son évaluation lors de réunions avec plusieurs hauts responsables, dont le vice-président, le secrétaire d’État et le directeur de la CIA. Ces échanges visaient à préciser les limites et les risques des options militaires disponibles, sur fond d’inquiétudes concernant l’épuisement des stocks de munitions américains et l’augmentation du coût militaire et politique de la guerre.

Ces consultations mettent en évidence le dilemme auquel l’administration Trump est confrontée : poursuivre la pression militaire sans garantie de résultat décisif, ou accepter un accord provisoire susceptible de rouvrir le détroit d’Ormuz et de préparer la reprise des négociations politiques et nucléaires.

Pezeshkian défend le choix des négociations

À Téhéran, le président iranien Massoud Pezeshkian a défendu le précédent protocole d’accord conclu avec les États-Unis face aux critiques internes qui le présentent comme une concession ou une défaite.

Lors d’un entretien télévisé publié par la présidence iranienne, Pezeshkian a déclaré que 12 des 13 membres du Conseil suprême de sécurité nationale avaient approuvé le texte. Celui-ci devait, selon lui, mettre fin à la guerre, lever le blocus, permettre la récupération des avoirs iraniens gelés et obtenir la suppression d’une partie des sanctions.

Le président iranien a estimé que qualifier le protocole d’accord de défaite servait les intérêts d’Israël. Il s’est demandé pourquoi l’Iran devrait poursuivre la guerre s’il pouvait recouvrer ses droits sans capituler ni reculer.

Pezeshkian a également nié l’existence de divergences entre son gouvernement, le guide suprême Mojtaba Khamenei et les forces armées. Il a affirmé que les institutions politiques, militaires et diplomatiques adoptaient une approche coordonnée concernant la guerre et les négociations.

Ses déclarations interviennent après la publication d’informations faisant état de divisions au sein de la direction iranienne sur la gestion du conflit et la réponse aux pressions américaines. Tout en reconnaissant l’existence de difficultés internes et d’opinions différentes, Pezeshkian a accusé Washington de chercher à exploiter la situation pour présenter le pouvoir iranien comme divisé.

Il a également démenti les informations selon lesquelles il envisagerait de démissionner, affirmant qu’il resterait en fonction et continuerait à défendre les négociations comme moyen de mettre fin à la guerre et d’alléger les pressions exercées sur le pays.

Un accord provisoire après l’échec du précédent arrangement

La nouvelle initiative diplomatique intervient après le protocole d’accord conclu en juin entre Washington et Téhéran. Ses 14 dispositions prévoyaient notamment un cessez-le-feu, la garantie de la sécurité maritime dans le Golfe et le détroit d’Ormuz, la levée progressive des sanctions, le déblocage des avoirs iraniens et des négociations sur le programme nucléaire sous la supervision de l’Agence internationale de l’énergie atomique.

L’accord provisoire s’est effondré en juillet à la suite d’attaques contre trois navires dans le détroit d’Ormuz. Les États-Unis ont ensuite repris leurs frappes en Iran et rétabli le blocus des ports iraniens, tandis que Téhéran intensifiait ses opérations dans la région.

Washington cherche à obtenir la réouverture du détroit sans reconnaître à l’Iran le droit d’imposer des frais ou des restrictions aux navires. Téhéran veut, de son côté, lier les arrangements maritimes à la levée du blocus, à un allègement des sanctions et au déblocage de ses avoirs gelés.

Les dernières évolutions semblent indiquer un déplacement progressif du centre de gravité, d’une tentative de victoire militaire vers la recherche d’un règlement provisoire. Le succès de cette démarche dépendra néanmoins de la capacité des deux parties à surmonter leurs divergences sur la navigation dans le détroit d’Ormuz et à transformer un accord temporaire en négociations plus larges sur la guerre, les sanctions et le programme nucléaire iranien.

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